Bien qu'il figure parmi les véritablement sympathiques films canadiens anglais qui nous sont offerts, The Year Dolly Parton Was My Mom apporte finalement bien peu pour nous satisfaire pleinement.
Impossible de ne pas sourire dès le début du générique alors que la voix de notre chère Dolly, dans une de ses nombreuses chansons fortement entraînantes, résonne avec bonheur à nos oreilles et qu'une fillette en drôle d'accoutrement pédale à vélo sous une lumière des plus ensoleillé.
Du coup, prenant place dans une photographie lumineuse qui tire admirablement profit des paysages et des lieux qui lui sont offerts, que ce soit de la banlieue seventies magnifiée dans son ordinaire ou les larges panoramas des grandes étendues faisant un admirable contraste de liberté et de possibilités, le film tente de mener de l'avant un coming-of-age aussi touchant qu'excentrique.
Ainsi, à mi-chemin entre la crise identitaire adolescente et le road-movie rédempteur, on cherche sa voie et préfère s'enfuir vers certaines autres conventions, tout en se réfugiant vers des détours décidément plus sécuritaires.
Certainement que l'élément déclencheur qui chamboule tout l'existence de la petite Elizabeth 11 ans est admirable et que la folie qui en découle certainement bien accueillie. Côté originalité du scénario, il fallait y penser! Soit, dans ce cas-ci, qu'une fille qui apprend qu'elle a été adoptée se met dans la tête que sa mère est Dolly Parton.
Malheureusement ou heureusement, restant dans un réalisme mi-amer, mi-fataliste, pour ne pas dire cruel dans son intériorité, on évite les grasses impossibilités malgré une touche un peu surencombrée de hasards sur-appuyés et met de l'avant la psychologie des personnages établie noir sur blanc pour tous. Que ce soit des différents contrastes ou des relations-cartons qui unis tous les personnages. On pense à l'envie, au désir de changement, à la peur de ce même changement ou de l'inconnu, où découlent des personnages comme le mari/père qui veut du renouveau, la mère-voisine cool qui sautent de revendications en revendications, semblant toujours heureuse, féministe à souhait, mais n'étant pas nécessairement entièrement ce qu'elle projette, ou même la meilleure amie qui n'a peur de sauter vers la trahison lorsque de meilleure opportunités s'offrent à elle. Ajouter à cela la serveuse asiatique de restaurant du bout du monde philosophe et conseillère à ses heures.
Face à cela, et découlant du fait que bien que forcément talentueuse, mais malheureusement trop gênée pour entièrement porter le film sur ses épaules la jeune Julia Stone ne se montre pas exactement à la hauteur, c'est nécessairement Macha Grenon qui mérite tout le détour ici. Non seulement confirme-t-elle son immense talent, en plus de s'exprimer dans une fluidité et une éloquence inattendue dans la langue de Shakespeare, elle défend également un rôle aussi ingrat que déchirant dans cette femme aux allures froides et convenues qui cache tout de même certaines peurs et désirs bien enfouies.
Il faut alors voir son personnage se dévoiler et évoluer tout en nuances en plus de partager une complicité, entre opposition et rapprochement, inévitable entre mère-fille, pour trouver les moments où le film nous atteint le plus.
On regrettera certaines passes trop appuyées comme le choix des chemins, les papillons, le totem, le sacrifice du vélo et j'en passe, en plus d'une utilisation un peu malhonnête de la seule et unique Dolly Parton, pour finalement accorder au long-métrage de Tara Johns d'avoir bien soutenu un film très girlpower, à défaut de l'avoir fait entièrement aussi lumineux que visuellement il a pu le sembler.