Le jeudi 10 décembre 2009
The Princess and the Frog : une princesse noire en or
La princesse et la grenouille
La Presse
La décennie qui s’achève a été fabuleuse pour les films d’animation et cette année qui la termine ne dépare pas. Up, Coraline, Ponyo et autres Fantastic Mr. Fox: les amateurs de cet art ont atteint le nirvana à plusieurs reprises. Ils iront y faire un dernier tour, signé 2009, avec The Princess and the Frog de Ron Clements et John Musker – que Disney vend comme «le film mettant en scène sa première princesse noire» (qui est d’ailleurs verte pendant la plus grande partie du long métrage) mais qui marque aussi le retour du studio au 2D.
Une technique qu’il n’avait plus utilisée depuis 2004. Pour les mauvaises raisons: si ses dernières productions du genre n’avaient pas été bien reçues (Treasure Planet, Home in the Range), c’est parce qu’elles présentaient des récits insignifiants. Rien à voir avec la technique d’animation utilisée.
The Princess and the Frog devrait prouver ce point puisqu’ici, Disney est de retour avec une excellente histoire, à la fois dans la tradition de Blanche-Neige et les sept nains – pour l’animation à la main, ses mouvements fluides et ses lignes souples; et de La Belle et la Bête – pour la psychologie d’une princesse qui a une personnalité, un but dans la vie... bref, tout sauf la belle passive d’autrefois qui attendait le prince charmant. Autres temps, autres moeurs.
Ici, la «princesse» s’appelle Tiana, elle vit à la Nouvelle-Orléans des années 20, elle est fille d’ouvrier, elle rêve de tenir un restaurant. Et elle est noire. Un soir de Mardi-Gras, elle est amenée à embrasser une grenouille et... tadam! Ce n’est pas lui qui devient prince, mais elle qui se transforme en batracien.
Pour récupérer leur forme originale, perdue à cause d’un sorcier pratiquant le vaudou, ils traverseront les bayous, croiseront un croco obèse joueur de trompette appelée Louis, une mouche à feu amoureuse d’une étoile nommée Ray (attention, son destin risque de provoquer des larmes), une voyante aveugle, etc.
Pour dire tout cela, des dialogues qui ont du mordant quand il le faut; des scènes souvent très drôles, parfois émouvantes ou juste assez «épeurantes»; des personnages colorés; des paysages et des «effets spéciaux» – oui, en 2D – à décrocher la mâchoire; et neuf chansons jazzées de Randy Newman livrées dans des «numéros de production» qui donnent envie d’applaudir.
Alors, dépassées, les histoires de princesses et le 2D? Pfuttt!
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***1/2
THE PRINCESS ANS THE FROG (V.F. : LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE)
Film d’animation de Ron Clements et John Musker.
À la Nouvelle-Orléans des années 20, un prince transformé en grenouille convainc une jeune fille de l’embrasser pour retrouver sa forme originale... mais c’est elle qui se métamorphose en batracien.
La preuve que les princesses et l’animation 2D ont encore leur place aujourd’hui.