Le film le plus attendu de l'année, voire de la décennie, est à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire du cinéma. Dorénavant, en matière d'images de synthèse, il faudra parler d'un avant et d'un après Avatar. D'un avant et d'un après James Cameron. D'un av. J.C. et d'un apr. J.C.
Le réalisateur d'origine canadienne a l'habitude de voir grand. En 1997, son colossal Titanic devenait le film le plus payant de l'histoire. Douze ans plus tard, fort d'un budget record de plus de 300 millions $, Cameron élève son jeu d'un cran, comme on le dit si bien dans le monde du hockey.
Et quel cran. L'enveloppe visuelle d'Avatar est tout simplement ahurissante, surtout en 3D, le format le plus approprié pour goûter pleinement cette expérience avant-gardiste. Jamais la sensation d'immersion dans un film n'a été ressentie de façon aussi intense.
Le monde virtuel d'Avatar s'avère plus vrai que vrai. La frontière entre l'imaginaire et la réalité s'efface complètement devant les coups de baguette du magicien Cameron et de son équipe. Tous les détails, sans exception, confèrent une dimension inégalée au film. Dans le cinéma de science-fiction, Avatar est à Tron ce qu'une Formule 1 est à un tricycle...
Le scénario écologico-guerrier de Cameron se déroule sur la lointaine planète Pandora, habitée par des humanoïdes filiformes de trois mètres de hauteur, vivant en parfaite harmonie avec leur environnement. Or, l'ennemi vient de débarquer. Un escadron militaro-industriel venu de la Terre convoite des gisements d'un minerai rare. Le temps des négociations territoriales est révolu. Si les Na'vis ne déguerpissent pas, ce sera le carnage.
Un groupe de scientifiques ont toutefois appris à mieux connaître ce peuple pacifique. Le Dr Grace Augustine (Sigourney Weaver) mène depuis des années le projet Avatar, qui permet à des humains de se glisser par la pensée dans la peau d'un Na'vi.
En raison de son ADN semblable à celui de son frère jumeau, le marine paraplégique Jake Sully (Sam Worthington) est appelé sur Pandora afin de poursuivre la mission de son défunt frère. C'est ainsi que le soldat, enfermé dans un caisson d'isolation sensorielle, parvient à revivre dans la peau d'un Na'vi.
Sauvé de la mort par Neytiri, une jeune femme de la tribu des Ocamicayas, Jake, en viendra à épouser leur cause et à entrer en guerre contre les militaires menés par le fourbe colonel Quaritch (Stephen Lang). Les beaux yeux de la superbe créature seront aussi pour quelque chose dans cette soudaine conversion...
Fable écologique
Les scènes de guerre d'Avatar ne ressemblent à rien de ce qui a été vu jusqu'ici au cinéma. À travers des montagnes suspendues dans les airs, les Na'vis, juchés sur des ptérodactyles-phénix, passent à l'attaque contre les terribles machines de guerre humaines. Parmi elles, de redoutables petits cousins des Transformers. On le répète : é-pous-tou-flant!
Le film s'avère un puissant plaidoyer écologique doublé d'une reconnaissance des droits des Premières Nations. À la façon des indigènes massacrés par les premiers Européens débarqués dans les Amériques, les Na'vis voient leur monde s'écrouler devant l'arrivée de ces ennemis venus de l'espace, poussés par la cupidité et la haine. En cela, Avatar n'est pas sans rappeler Mission, de Roland Joffé, et, d'une certaine façon, Apocalypto, de Mel Gibson.
Le style James Cameron est omniprésent. Les va-et-vient entre réalité et monde virtuel ramènent à ceux, entre passé et présent, de l'octogénaire Rose dans Titanic, se rappelant son histoire d'amour avec Jack, tout comme les envolées musicales de James Horner, notes celtiques en moins. Ceux qui connaissent bien la filmographie de Cameron verront ici et là quelques références à Aliens, The Abyss, Terminator 2 et même True Lies.
Si seulement Cameron avait accouché d'une histoire plus forte, avec des personnages moins monolithiques - on pense surtout au colonel aux gros bras et à la petite cervelle, on parlerait peut-être du film de l'année. N'empêche, s'il y a une production qui risque de vous décrocher les mâchoires, c'est bien celle-là.
Reste maintenant à voir si Avatar réussira à déloger Titanic pour le titre de film le plus rentable de l'histoire. Pas sûr...
Au générique
Titre : Avatar
Genre : science-fiction
Réalisateur : James Cameron
Acteurs : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez, Giovanni Ribisi, Joel Moore et CCH Pounder
Salles : Cinéplex Sainte-Foy (3D, v.f. et v.o.a.), Cinéplex Beauport (3D), Place Charest, Galeries de la Capitale, Des Chutes, Lido et IMAX (3D, v.f. et v.o.a.)
Classement : général (déconseillé aux jeunes enfants)
Durée : 2h42
Cote : ****
On aime : le monde virtuel absolument incroyable, le message écologique et pacifique
On n'aime pas : un scénario qui se cherche aux deux tiers, des personnages plutôt monolithiques