La Presse
Amateurs de la série de livres Millénium, réjouissez-vous: voici sur grand écran le deuxième film tiré de la trilogie signée Stieg Larsson, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Un long thriller qui nous ramène au cœur du monde interlope de la Suède, avec pour héros, rappelons-le, une jeune hacker punk et bisexuelle et un journaliste enquêteur.
Petit rappel du premier épisode: Blomkvist et Lisbeth avaient fait connaissance au moment où le journaliste enquêtait sur la disparition de la nièce d’un grand industriel suédois. Grâce aux talents de pirate informatique de Lisbeth, il avait pu aussi prouver son innocence dans sa condamnation en diffamation.
On retrouve donc Lisbeth et Blomkvist un an après la fin du premier épisode. Lisbeth Salander (toujours convaincante et musculaire Noomi Rapace) revient en Suède après quelques mois de voyage. Le journaliste Mikael Blomkvsit a repris ses fonctions au sein de la rédaction de Millenium.
Il accepte avec enthousiasme la proposition d’un jeune pigiste, Dag Svensson (Hans Christian Thulin): dénoncer, dans une longue enquête, les riches et puissants du pays qui profitent de jeunes prostituées, mineures, immigrées illégales. Cette enquête fait des remous et ne manquera pas de déranger des hommes d’influence, provoquant trois morts violentes.
Une fois posés ces jalons, le film évolue toutefois vers une chasse à l’homme de laquelle est évacuée toute considération sociale ou politique. Rappelons que c’est justement la critique très virulente de Stieg Larsson qui a fait le succès des livres Millenium. On peut regretter l’absence de ce point de vue dans le deuxième volet de la trilogie.
Si l’enquête tient le spectateur en haleine et installe un suspense assez prenant, le film est loin d’être un sans-faute. La signature télévisuelle (et, hélas! le doublage franco-français) rapproche Millénium d’un long téléfilm plutôt que d’un long métrage pour le grand écran.
Autre doléance: les dernières scènes du film insistent sur le gore. Paradoxalement, c’est ce qui rapproche ce deuxième Millénium, pas avare de scènes de sexe, d’un certain cinéma américain.
La distribution reste la même, mais le tout sent un peu le travail bâclé. Et pour cause: les trois films ont été tournés les uns à la suite des autres. L’imposant cahier des charges a d’ailleurs fait fuir le réalisateur du premier film. Pour le verdict final, on attendra la sortie, dans les prochains mois, du troisième et dernier film.