Le jeudi 28 janvier 2010
When in Rome : tiède coup de foudre
La Presse
Ce n’est pas parce que la télévision vous a propulsé au rang de star que le grand écran vous enverra au septième ciel. Le parcours de Kristen Bell en fait la preuve.
La comédienne menue et pétillante a été découverte par le plus grand nombre au petit écran grâce à la série Veronica Mars, dans laquelle elle tenait le rôle titre. On a ensuite commencé à l’entendre en amorce de Gossip Girl, puisqu’elle est la voix de la mystérieuse blogueuse; et à la voir faire des étincelles dans Heroes.
Parallèlement à cela, elle a commencé à prendre ses marques au cinéma. Avec des résultats inégaux. À l’extrémité positive du spectre, Forgetting Sarah Marshall de Nicholas Stoller. À l’extrémité moins glorieuse, Couple Retreat de Peter Billingsley. When in Rome de Mark Steven Johnson se situe à mi-chemin. Cette comédie romantique n’a en effet rien de mémorable mais présente un couple sympathique dont la chimie à l’écran fait mouche, une idée amusante qui aurait pu être plus et mieux exploitée, et quelques scènes délicieuses tournées dans le Guggenheim Museum.
Car l’héroïne de l’histoire, Beth (Kristen Bell), y est curatrice. Elle met toutes ses énergies sur sa carrière, et passe la main quand il est question de relations amoureuses. Il faut dire que côté coeur, elle a été échaudée à plusieurs reprises. Contrairement à Joan, sa soeur (Alexis Dziena): When in Rome commence en effet alors qu’à quelques jours d’une soirée de levée de fonds très importante, Beth doit quitte New York et filer à Rome pour assister au mariage de sa jeune frangine.
Là, elle rencontre Nick (Josh Duhamel), un journaliste sportif avec qui ça fait des étincelles façon coup de foudre. Mais, bien sûr, le coup de tonnerre ne tarde pas à suivre et rien ne va plus. Après une soirée trop arrosée, Beth se retrouve pieds nus dans la Fontaine de l’amour où, plutôt que lancer une pièce dans l’espoir de trouver l’homme de sa vie, en ramasse une poignée. Et, victime d’un (mauvais?) sort, les hommes qui ont lancé lesdites pièces tombent follement amoureux de la jolie blonde.
L’idée intéressante est là, mais exploitée de façon trop primaire. Chacun des prétendants représenterait en effet une des facettes de ce que les femmes recherchent chez un partenaire idéal: mystère (le magicien incarné par Jon Heder), beauté (le mannequin incarné par Dax Shepard), adoration (l’artiste peintre incarné par Will Arnett), argent (le magnat de la saucisse incarné par Danny DeVito). Cela débouche sur des personnages volontairement unidimensionnels. Et un mystère qui n’en est pas vraiment eux: jamais Beth ne cèdera à l’une de ces caricatures.
Réalisé sans beaucoup d’originalité, When in Rome prend quand même un certain élan dans les scènes tournées au Guggenheim - ou dans une reconstitution du célèbre musée. Ces moments-là sont inspirés - comprendre qu’on en aurait pris plus. Comme on aurait pu prendre un peu plus de Rome, qui ne sert que de rampe de lancement et de point de chute à une histoire à laquelle il manque des ailes. Celles de Cupidon ne suffisent pas.
--------------------------------------------------------------------
**1/2
WHEN IN ROME (v.f.: C’était à Rome)
Comédie romantique de Mark Steven Johnson. Avec Kristen Bell, Josh Duhamel, Will Arnett, Jon Heder. 1h31
Une jeune carriériste désabusée par l’amour est poursuivie par cinq hommes fous d’elle. Sont-ils victimes d’un sort? L’âme soeur se trouverait-elle dans leurs rangs?
Pour Kristen Bell, c’est plus que Couple Retreat mais moins que Forgetting Sarah Marshall.