Le samedi 30 janvier 2010
A Serious Man: drôle d'humour
Le Soleil
Le dernier opus des frères Joel et Ethan Coen arrive à Québec précédé de critiques moins élogieuses que leurs films précédents. Et pour cause. C'est dans un registre d'humour juif très personnel que les frangins ont concocté A Serious Man, une comédie qui risque d'en dérouter plus d'un.
S'inspirant de leur passé dans leur Minnesota natal, les Coen ont en outre fait le pari de confier tous les rôles à des acteurs venus du théâtre yiddish, au demeurant excellents, mais inconnus du grand public. Au premier rang, Michael Stuhlbarg, qui incarne Larry Gopnik, un professeur de physique qui, dans l'Amérique des années 60, est confronté pêle-mêle à une épouse qui vient de quitter la maison pour aller vivre avec son amant, un frère dépressif qui squatte depuis des mois son canapé, un fils ado indiscipliné qui en fume du bon, une fille qui ne pense qu'à se faire refaire le nez, et un étudiant qui lui fait du chantage...
Face à pareil amoncellement de déboires et se demandant comment s'en sortir, le pauvre Larry cherchera à obtenir conseil auprès de trois rabbins de sa communauté pour devenir un mensch, un homme bien. Une tâche qui ne sera pas de tout repos...
A Serious Man ne s'avère pas le meilleur coup des Coen. À un humour noir très pointu, au ton décalé se greffe une mise en scène conventionnelle sur le thème de la foi et de la remise en question existentielle. À ce registre, Woody Allen sait mieux y faire.
En bout de piste, ce qui aurait pu être un film divertissant s'avère une déception, de surcroît avec cette finale abrupte dont la signification profonde nous échappe complètement.
Vivement de revoir les Coen dans de meilleures dispositions.
Au générique
Cote: ** 1/2
Titre: A Serious Man
Genre: comédie dramatique
Réalisateurs : Joel et Ethan Coen
Acteurs : Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind, Fred Melamed, Aaron Wolff, Jessica McManus et Adam Arkin
Classement : général
Durée : 1h44
On aime : le jeu de Michael Stuhlbarg, la griffe des frères Coen
On n'aime pas : l'introduction, l'humour juif souvent impénétrable, les personnages peu sympathiques, la finale déconcertante