Le dimanche 31 janvier 2010
Lucky Luke: cow-boy plus ou moins fringant
Le Soleil
Les fans de Jean Dujardin ne doivent pas s'attendre à retrouver dans son interprétation de Lucky Luke des similitudes avec l'humour absurde de ses personnages d'OSS 117 et de Brice de Nice. Le réalisateur James Huth s'est plutôt affairé à ne pas dénaturer l'oeuvre de Morris et de Goscinny. Avec comme résultat une comédie au style visuel éclaté, mais qui ne suscite pas pour autant une adhésion totale.
D'entrée de jeu, Huth se plaît à imaginer un passé au cow-boy qui tire plus vite que son ombre. Enfant, il assiste impuissant au meurtre de ses parents par un trio de vilains. Alan Luke échappe de peu à la mort, d'où son surnom de Lucky.
On le retrouve des années plus tard, à cheval sur Jolly Jumper, la couette bien en évidence sous son Stetson blanc, la brindille à la bouche. Du coup, le mimétisme est total. Même bouille, même dégaine. Le temps d'une seule image, Jean Dujardin s'impose comme le seul et unique Lucky Luke.
Les autres personnages de la bande dessinée ne tarderont pas à se pointer le bout du Colt : le maladroit et brouillon Billy the Kid (Michaël Youn); Jesse James (excellent Melvil Poupaud), qui passe son temps à citer du Shakespeare et du... Jules César; la tomboy Calamity Jane (Sylvie Testud), qui en pince pour Lucky Luke; Pat Poker (Daniel Prévost), le vilain à haut-de-forme; et Belle Starr (Alexandra Lamy), la seule capable de faire chavirer le coeur du poor lonesome cowboy.
Intrigue à Daisy Town
Tout ce beau monde se retrouvera au coeur d'une intrigue à Daisy Town, alors que le président américain a mandaté Lucky Luke pour instaurer la paix au village, histoire de permettre la construction du premier chemin de fer transcontinental.
Si James Huth marque des points dans la reconstitution du Far West de Lucky Luke et de ses personnages colorés (ne cherchez pas les frères Dalton et le chien Rantanplan, ils sont absents de l'histoire), il en va autrement du scénario qui évolue en dents de scie. Le dénouement, dans cette foire étrange sortie d'un mirage, est pour le moins déconcertant.
Les meilleurs moments du film viennent des relations ambiguës de Lucky Luke avec la gent féminine. D'abord avec Calamity Jane, que notre héros s'évertue à traiter comme un mec; ensuite, avec Belle, qu'il tente de séduire de façon fort maladroite, dans leur petite maison dans la prairie.
C'est dans ces portions du scénario que Dujardin procure au film ses moments les plus cocasses. Peut-être parce que le personnage d'OSS 117 ou de Brice de Nice remonte à la surface...
Au générique
Cote : ***
Titre : Lucky Luke
Genre : western fantaisiste
Réalisateur : James Huth
Acteurs : Jean Dujardin, Michaël Youn, Melvil Poupaud, Sylvie Testud, Daniel Prévost et Alexandra Lamy
Classement : général
Durée : 1h44
On aime : les décors et les paysages, le jeu de Melvil Poupaud, la ressemblance de Dujardin avec Lucky Luke, les trouvailles visuelles, les deux chansons de Térez Montcalm
On n'aime pas : le scénario inégal, les gags qui tombent à plat, le dénouement avec le vilain Pat Poker