Le samedi 6 mars 2010
Alice au pays des merveilles: piquant et audacieux
Alice au pays des merveilles
Le Soleil
Dire que les fans de Tim Burton attendaient avec impatience son adaptation d'Alice au pays des merveilles est un euphémisme. Le réalisateur culte de Big Fish et d'Edward aux mains d'argent, maître fou de la haute voltige, ne devrait pas les décevoir, même si on l'a déjà vu meilleur, dans des univers plus sombres.
Cherchant à rester fidèle au classique de Lewis Carroll (ainsi qu'à une autre de ses oeuvres, De l'autre côté du miroir), tout en lui imprégnant sa propre griffe, Burton livre une production foisonnante d'originalité. Le développement des effets spéciaux et autres images de synthèse lui permettent de donner libre cours comme jamais à son imagination fertile.
C'est à une nouvelle venue, l'Australienne Mia Wasikowska, que revient la lourde responsabilité de chausser les souliers de la jeune Alice, mal à l'aise dans les conventions sociales de l'Angleterre du XIXe siècle. Orpheline de père, future fiancée malheureuse d'un aristocrate sans envergure, la jeune femme cherche sa voie dans un monde qui ne convient pas à sa soif de liberté et d'émancipation.
Après une chute accidentelle dans un terrier, Alice revisitera un monde imaginaire qu'elle a connu en rêve, enfant. Un univers surréaliste, peuplé de personnages plus étranges les uns que les autres : un chapelier toqué aux yeux verts globuleux (méconnaissable Johnny Depp), des jumeaux petits et ronds, une chenille fumeuse d'opium, un lapin blanc à cheval sur l'heure...
Sans le savoir, Alice était celle que tout le monde attendait, l'envoyé providentiel capable de terrasser le dragon maléfique que la vilaine Reine rouge (Helena Bonham Carter) utilise pour faire régner la terreur sur son royaume. Alice devra surmonter ses peurs pour affronter la bête et permettre le retour sur le trône de la Reine blanche (Anne Hathaway), la soeur détestée de l'autre.
Piquant et audace
Est-ce la volonté affirmée du studio Disney de conserver une approche familiale ou la nouvelle cinquantaine du réalisateur, toujours est-il qu'on a déjà connu Tim Burton plus noir et plus cynique. Mais au-delà de quelques lacunes émotionnelles et d'une finale convenue, Alice au pays des merveille demeure un divertissement de luxe qui ne manque pas de piquant ni d'audace.
Chaque personnage impose sa présence par un physique bien particulier. Au premier rang, Helena Bonham Carter, en fielleuse souveraine à tête démesurée qui réclame qu'on coupe celle de tout un chacun. Sa cour composée d'animaux - des grenouilles majordomes, un cochonnet appuie-pieds, des singes porteurs de tables... - est pour le moins loufoque. Une mention spéciale également aux jumeaux «petits gros» Tweedleee et Tweedledum, au chat de Cheshire (et son sourire délicieusement carnassier) et au lièvre fou.
Cette nouvelle mouture «burtonienne» d'Alice au pays des merveille fait honneur à son titre. Plaisirs, surprises et dépaysement garantis.
AU GÉNÉRIQUE
Cote : ***1/2
Titre : Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland)
Genre : comédie fantaisiste
Réalisateur : Tim Burton
Acteurs : Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway et Crispin Glover
Classement : général
Durée : 1h48
On aime : l'efficacité des effets spéciaux et des images de synthèse, la Reine rouge, le chat de Cheshire et le lièvre fou
On n'aime pas : un récit en panne d'émotions, la finale convenue