Le samedi 13 mars 2010
La rage de vivre: père manquant, film manqué
Le Soleil
Nouvelle coqueluche des jeunes filles dans la foulée du triomphe au box-office des deux premiers épisodes de la saga Twilight, Robert Pattinson doit maintenant apprendre à gérer ce succès inattendu. Comme plusieurs acteurs propulsés rapidement sous les feux de la rampe, la suite de sa carrière reposera sur sa capacité à dénicher les bons projets.
La rage de vivre (v.f. de Remember Me) était son premier test. Verdict : rien pour écrire à sa mère, même si la déception est davantage imputable à la structure bancale du scénario qu'au jeu des comédiens. Pattinson s'en sort pas trop mal dans les circonstances, malgré une propension à cultiver quelques tics à la Twilight.
L'acteur au regard ténébreux incarne Tyler, un jeune homme perturbé par le suicide de son frère aîné qui tente de donner un sens à sa vie dans le New York de 2001. Au coeur de son maelström personnel, une relation difficile avec son père divorcé (Pierce Brosnan), un homme d'affaires froid et distant qui se préoccupe bien peu de lui et de sa soeur de 10 ans (Ruby Jerins).
Sa rencontre amoureuse avec une collègue de classe (Emilie de Ravin), fille d'un policier (Chris Cooper) qui a malencontreusement croisé sa route un jour, viendra lui donner l'élan nécessaire pour affronter ses démons, ainsi que ce père manquant et manqué.
Ce drame en demi-teintes du réalisateur de Hollywoodland, Allen Coulter, éprouve du mal à garder le cap à travers l'enchevêtrement des relations ambiguës entre les personnages. Celui de Pattinson, au carrefour de toutes les intrigues, avance parfois maladroitement, affublé de ses différents visages : fils incompris, grand frère compatissant, gendre honni, amoureux comblé puis éconduit.
Pierce Brosnan, sorti tout droit d'une pub «jamesbondesque» d'Armani, détonne dans le décor, alors que la relation entre Ally et son surprotecteur de père, devenu veuf 10 ans plus tôt dans des circonstances dramatiques, est parsemée de zones grises.
Manquant cruellement de rythme dans sa première partie, plombé par un montage laborieux, le récit prend sa vitesse de croisière en fin de parcours, alors que se profile le spectre d'un certain 11 septembre - l'esprit le moindrement perspicace ayant saisi l'allusion dès les premiers instants du film.
Le message à la carpe diem et sur l'importance de prendre soin les uns des autres prend alors tout son sens. Dommage qu'il ait fallu attendre à la toute fin pour se le faire expliquer.
Au générique
Cote : ** 1/2
Titre : La rage de vivre (Remember Me)
Genre : drame sentimental
Réalisateur : Allen Coulter
Acteurs : Robert Pattinson, Emilie de Ravin, Pierce Brosnan, Chris Cooper, Ruby Jerins, Tate Ellington et Lena Olin
Classement : général (déconseillé aux jeunes enfants)
Durée : 1h43
On aime : le «punch» de la fin amené avec doigté, le jeu de la jeune Ruby Jerins, un scénario qui cherche à éviter la facilité
On n'aime pas : le récit qui s'éparpille, la relation remplie de zones grises entre Emilie de Ravin et son père, le jeu «jamesbondesque» de Pierce Brosnan