La Presse
Au Québec, on mesure mal l’importance qu’a eue Coluche dans l’imaginaire collectif français. Près de 25 ans après sa mort, l’humoriste est là-bas une icône dont le souvenir est aujourd’hui entretenu par une œuvre caritative.
Évoquer au grand écran la vie de cette figure emblématique est un geste à la fois courageux et périlleux. S’attarder de façon précise à la courte période où ce clown-satiriste s’est lancé en politique l’est tout autant.
Antoine de Caunes (Les Morsures de l’aube) a choisi cet angle d’attaque, forcément intéressant car il marque une rupture dans la vie personnelle et professionnelle de la vedette. Le récit décrit ainsi comment Coluche, par dérision envers la classe politique, en est venu à se présenter à l’élection présidentielle de 1981.
Or, l’humoriste s’est fait prendre à son propre jeu, le peuple des sans-voix trouvant enfin en lui un porte-parole. Au point où il a récolté 16% des intentions de vote dans les sondages. Énorme.
Dépassé par les événements, attaqué de toutes parts par les organisations politiques «officielles» (pour qui il constituait désormais une vraie menace), l’homme a commencé à se prendre au sérieux.
Et a craqué. Coluche, l’histoire d’un mec n’est malheureusement pas une réussite. Malgré la performance de François-Xavier Demaison, remarquable dans le rôle de Coluche, le film nous échappe un peu, comme si le point de vue du réalisateur n’était pas assez affirmé.
Il manque une perspective plus large – du moins, à nos yeux d’étranger. De surcroît, l’accent très prononcé du personnage est parfois difficile à saisir.
L’humour des numéros sur scène ne passe pas. Dommage.