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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Oyez! Oyez! Braves acheteurs de billets! Voici un autre remake hollywoodien, les fonds du baril n’étant apparemment pas encore atteints.
Les producteurs en manque d’idées nouvelles (air connu) déterrent donc le Clash of the Titans de 1981, sorte de péplum fantastique plutôt mauvais et dont le seul mérite résidait dans les effets spéciaux du mentor Ray Harryhausen, dans la trame sonore virile de Laurence Rosenthal, et dans la performance d’acteurs alors un peu mis de côté: Laurence Olivier (quand même!), Claire Bloom et la succulente Ursula Andress.
Que dire de cette refonte sinon qu’elle s’avère aussi plate et prétentieuse que l’œuvre originale qui piochait dans la mythologie antique comme dans un buffet à volonté, mélangeant tout, sans soucis de cohérence, sans scrupule pour la littérature. Clash of the Titans, version ordinaire ou en 3D, est un film pour enfants que les enfants n’aimeront pas.
À l’image de son modèle affreusement daté (Harryhausen a beau être un maître, sa technique passe pour de l’artisanat comparé à ce qui se fait aujourd’hui), ce remake est boursouflé et grandiloquent. Au mieux, kitsch.
Ici, nos héros doivent lutter contre des créatures de folklore, envoyées par les dieux de mauvaise humeur. Seront donc lâchés les monstres et les bestioles, ce qui donnera évidemment lieu à d’interminables combats épiques en stuc.
En admettant la qualité des effets visuels, forcément impressionnants étant donné le budget et la technique, on reprochera à Clash of the Titans son manque d’originalité.
Les créatures y semblent sorties d’un jeu vidéo à la fine pointe de l’infographie, les acteurs y débitent machinalement des répliques de mauvais théâtre affreusement pompeuses (le talent de Liam Neeson et celui de Ralph Fiennes sont gaspillés) et le spectacle est accompagné de l’inévitable grosse musique aux résonances ethniques (façon Gladiator ou Troy).
Signé Louis Leterrier, jeune Français à la solde des Américains (qui avait fait mieux avec The Incredible Hulk en 2008), cet exercice raté donne envie de reconsidérer Avatar à sa juste valeur. Au moins, James Cameron y proposait un univers totalement inventé. Clash of the Titans remâche du déjà-vu.