La Presse
Le circuit des «trippeux» de Dongeons et Dragons (et autres dérivés d’inspiration médiévale) comporte ses codes et rituels précis. Les respecter permet à ses initiés de se plonger dans une réalité parallèle.
Une promenade sur le Mont-Royal un dimanche d’été permet de constater que les «médiévaux» évoluent dans leur propre film. Normal, donc, que The Wild Hunt, qui raconte la fuite d’une jeune femme dans la prison invisible de l’imagination, soit construit comme une mise en abîme à plusieurs strates.
Alexandre Franchi (réalisateur, co-auteur et producteur) et son ami Mark Krupa (co-auteur et acteur principal), deux fanas depuis l’adolescence de jeux de rôles, ont eu l’idée de faire un long métrage inspiré de cette fascination pour les combats médiévaux.
Leur film, qui accuse certaines longueurs, un style brouillon ainsi que des dialogues parfois plaqués, n’est pas sans qualité.
Le principal intérêt du long métrage réside dans l’intrigue sentimentale entre Erik Magnusson (convainquant Ricky Mabe) et Princess Evlynia (Tiio Horn.) Protagoniste avec les deux pieds sur terre, Magnusson s’immisce dans le jeu médiéval pour amener sa belle à voir clair et surtout la sauver des vilaines griffes de «Shaman Murtagh», charismatique joueur qui se prend pour un gourou.
Dans les échanges entre l’amoureux transis et la belle égarée, prend forme une pertinente réflexion sur la réalité, la fascination, la fuite et l’aliénation.
Dommage, cependant, que le tandem créatif ait dilué son propos dans des scènes de combats qui n’en finissent plus et surtout, lassent les spectateurs moins passionnés qu’eux par le décorum médiéval. Si bien qu’en fin de course, ce qui était au départ une bonne idée d’adulte cède à l’attrait d’exploser en bataille d’ados. Un peu comme celles que l’on peut voir les dimanches après-midi, sur le Mont-Royal....