Le jeudi 15 avril 2010
Simon Konianski : racines à la trace
La Presse
Micha Wald, révélé il y a quelques années grâce à Voleurs de chevaux, a puisé à même ses souvenirs familiaux pour accoucher d’un film scindé en deux parties. La première relève d’une franche comédie; la seconde, un peu plus appuyée, évoque la mémoire d’un peuple marqué par les tourments de l’histoire.
Même si on ne badine avec la judéité dans la famille Konianski, l’auteur cinéaste propose dans un premier temps un portrait à la fois drôle et décapant, à travers lequel sont mis en exergue les conflits intergénérationnels. Le rejet viscéral qu’éprouve Simon (Jonathan Zaccaï), un grand ado de 35 ans, envers tout élément lui rappelant son identité juive entre évidemment en conflit avec les convictions de ses aînés. Non pratiquant, ne suivant pas les rites que lui dicte la religion, pro-palestinien, et amoureux d’une danseuse qui l’abandonne avec son fils, Simon est toujours au centre de discussions animées.
La situation se corse le jour où il se voit dans l’obligation d’emménager chez son vieux père (Popeck) après la rupture amoureuse. Wald en profite alors pour s’attarder aux travers des uns et des autres, la maisonnée étant évidemment fréquentée par plusieurs membres de la famille. Dont un oncle ancien combattant de la guerre d’Espagne, convaincu d’être toujours la cible des fascistes…
Le patriarche ayant exprimé le désir d’être enterré en Ukraine, son pays d’origine, un road movie plutôt improbable s’engage le jour où la mort de ce dernier survient. Un arrêt au camp de Majdanek sert ici de point de convergence entre les générations. Simon retrouve en effet ses racines en compagnie de son fils au cours d’une conversation dont la forme emprunte une nature surréaliste. Le pari était casse-gueule. Et Wald ne le relève pas tout à fait. D’autant que cette partie paraît alors moins audacieuse dans son propos.