Le jeudi 22 avril 2010
The Losers : bédé animée
La Presse
Il y a, dans The Losers (Losers en version française) de Sylvain White, une indéniable fidélité à l’esthétique du comic book qui est à son origine. On a vraiment l’impression, un peu comme dans Kick-Ass de Matthew Vaughn, de voir une bande dessinée se déployer sous nos yeux et s’animer.
La différence entre les deux films: contrairement au second (sorti la semaine dernière), le premier comporte, dans son scénario, des maladresses et des trous qui dérangeront ceux qui ne s’attarderont pas qu’à son visuel. Lequel, il faut le reconnaître, en met plein la vue. Trop, en fait. Et c’est un autre problème. Les effets, qui surlignent et alourdissent, sont comme une intrusion dans l’action, nuisent à l’efficacité et à l’impact des scènes. Résultat: on n’oublie jamais que l’on est en présence d’un film, donc, que l’on n’est que spectateur.
Alors que quelque part, en tant que fan du genre, on ne demanderait pas mieux que d’avoir l’impression de pouvoir faire partie de cette bande de «losers» parmi lesquels se trouvent Jeffrey Dean Morgan, Chris Evans et Idris Alba. Se joignent à eux Zoë Saldana pour - peut-être - les aider; et Jason Patric (formidablement drôle) pour - sûrement - leur nuire. C’est à cause de magouilles ourdies par ce dernier que les hommes menés par Clay (Morgan) passent à un cheveu de la mort et décident de se venger.
Il y a, dans leur manière de faire, leur cohésion et leur manière de se compléter, quelque chose qui ressemble à la (très vieille) série Mission: Impossible. C’est une des forces de ce long métrage, malheureusement amoindrie, elle aussi, par ces effets trop nombreux et trop appuyés. N’empêche. Boosté à l’adrénaline et à la testostérone, et teinté d’humour, ces Losers ne le sont pas vraiment.