Le jeudi 6 mai 2010
Bébés: à hauteur de bébé
La Presse
Bébés est un de ces films qui peuvent susciter tant l’adhésion enthousiaste que l’ennui mortel. Centré entièrement sur l’enfant (son premier cri, son premier sourire, ses premières larmes et ses premiers pas), le documentaire bénéficie d’une facture visuelle irréprochable mais témoigne d’une apparente absence de point de vue qui peut laisser pantois.
Appelez ça comme vous voulez: le facteur «wow» ou le facteur «cute», mais une chose est certaine. Les bébés, dans les couloirs des supermarchés d’ici et d’ailleurs, suscitent toujours les sourires, l’attention et les commentaires des quidams.
Si vous êtes de celles et ceux qui ne résistent pas aux photos d’Anne Geddes ou aux vidéos de bébés dansant sur Beyoncé dans YouTube, vous adorerez sûrement Bébés. Le documentaire de Thomas Balmès met en scène de très jeunes bébés, en Namibie, au Japon, aux États-Unis et en Mongolie.
Sans narration, avec des plans séquences assez longs et très peu de musique, Bébés parvient à saisir les moments drôles, touchants et les «premières fois» des jeunes enfants. S’ils grandissent tous dans des environnements aimants mais très différents les uns des autres, le film ne retient qu’une chose: ce qui les unit plutôt que ce qui les sépare.
Thomas Balmès a apporté un soin évident à cueillir ces tranches de vie anodines ou anecdotiques, des petites histoires qui construisent des personnalités. Jamais on ne sent l’intrusion de la caméra ou la mise en scène de ce quotidien : Bébés a une fraîcheur touchante.
Toutefois, ce film ne semble pas aller plus loin que l’évidence de ce constat : les bébés sont adorables. En faisant le choix d’évacuer les parents ou la société à laquelle ces bébés appartiennent, Bébés échappe aux dangers du documentaire journalistique mais manque malheureusement de substance.