Le jeudi 13 mai 2010
The Trotsky : des lendemains qui chantent
La Presse
Il s’appelle Léon Bronstein, il a 17 ans et une certitude: il partage plus que son nom avec le célèbre révolutionnaire russe Trotsky. Léon (Jay Baruchel) croit en son destin, aux lendemains qui chantent, aux grèves de la faim et à la syndicalisation.
Personnage loufoque s’il en est, Léon fait les 400 coups. Subversif, il déclenche une grève de la faim parmi les ouvriers de l’usine de son père (David Julian Hirsh). Le grand capital n’hésite pas à se venger. Léon est ainsi envoyé à l’école publique, où il rêve de retenter l’expérience syndicale…
Pour ce deuxième long-métrage, Jacob Tierney (Twist) signe une comédie adolescente originale. Comme le genre le veut souvent, son héros vit un conflit intense avec son père et a une flamme qui ne veut pas de lui (Emily Hampshire) mais tout cela est revu sous un jour décalé et inattendu.
Jay Baruchel (vu dans She’s Out of My League) incarne un Léon très sympathique et très attachant, insufflant au personnage ce qu’il faut de folie et de vulnérabilité. Son jeu se fait aussi physique, mais de façon subtile: on n’est pas ici dans la grossière caricature.
En dépit de quelques longueurs, le film vaut surtout le détour pour son incursion dans le Montréal anglophone. Sans revendication autre que celle de montrer un autre visage de Montréal, le film joue sur des références très québécoises et souvent très drôles. On ne peut que sourire de voir, l’air de rien, une école secondaire anglophone appelée «J. Parizeau»…
Jacob Tierney filme Montréal avec beaucoup d’humour, donc, et beaucoup d’amour: un regard original sur Montréal et les Montréalais qui pourrait aussi séduire au-delà du 514. Sans prétention, The Trotsky est un film sympathique, aux dialogues drôles et souvent bien vus.
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***1/2
THE TROTSKY (V.F. : LE TROTSKI)
Comédie de Jacob Tienery. Avec Jay Baruchel, Anne-Marie Cadieux, Emily Hampshire, Geneviève Bujold et Colm Feore.
À Montréal, Léon est persuadé d'être voué à revivre le destin de Trotski. La révolution commencera bientôt…
Avec un sens de l'humour charmant, Jacob Tierney invite, avec ce deuxième long-métrage, à suivre les aventures légèrement décalées d'un révolutionnaire pas comme les autres.