Le jeudi 20 mai 2010
Shrek Forever After : et si Shrek n’existait pas...
Shrek 4 - Il était une fin
La Presse
C’est en pensant à It’s A Wonderful Life, le classique de Frank Capra datant de 1946 et mettant en vedette James Stewart, que les créateurs de Shrek Forever After se sont mis à l’ouvrage - avec, pour mission, de réparer les pots cassés par Shrek the Third, qui manquait de substance et utilisait la recette des opus précédents sans sembler la comprendre. Ainsi, les références à la culture pop et le détournement des contes se faisaient gratuitement, non pour servir le récit et épicer l’histoire d’une pincée de subversion.
Pour ceux que ces références et détournements agaçaient (ils sont nombreux), c’est mission accomplie: ils sont plus rares dans ce quatrième et probablement dernier volet. Ce qui ne signifie pas que leur utilisation soit, elle, beaucoup plus justifiée. Elle l’est, plus que dans le troisième; mais moins que dans les deux premiers chapitres - jusque-là inégalés... sauf en terme d’animation.
Et c’est là que Shrek Forever After, réalisé par Mike Mitchell, marque des points. Profitant de l’expérience gagnée entre les murs de DreamWorks grâce à How to Train Your Dragon, ou inspirés par le long métrage de Dean DeBlois et Chris Sander qui a été réalisé en même temps dans le studio, les directeurs artistiques et animateurs de ce Shrek-là ont fait un travail magistral. L’animation est magnifique et le 3D, impressionnant, permet de découvrir une nouvelle «profondeur» au royaume de Far Far Away.
Une profondeur visuelle au service d’une histoire qui se veut, elle aussi, profonde - mais qui sent le déjà-vu (pas seulement à cause de It’s A Wonderful Life) et, surtout, risque de perdre bien des spectateurs parmi les plus jeunes. Certains n’accrocheront pas au sujet. D’autres ne comprendront simplement pas l’histoire.
Dans Shrek Forever After, notre ogre préféré (Mike Myers) n’est plus la créature mal léchée croisée dans les premiers films. Marié à Fiona (Cameron Diaz) et père de triplets, il est victime du train-train quotidien et rêve de redevenir celui qu’il était. Ça tombe bien, le machiavélique Rumpelstiltskin (Walt Dohrn) lui propose d’échanger une journée dont il ne se souvient contre un jour où l’ogre en lui prendra le dessus sur le gentil mari. Pacte signé. Manque de pot, le lutin a choisi de s’approprier la journée où Shrek est né. Ce dernier se retrouve alors dans un monde où il n’a jamais existé - et réalise ainsi combien sa présence a eu d’impact sur les êtres qu’il aime et sur son monde.
Le message est beau et bon. Mais quel intérêt peut-il avoir auprès des six ans? Dix? Quinze, même?
Il reste toutefois les performances vocales toujours à point de Mike Myers et de Cameron Diaz; et celles, délirantes et jouissives d’Eddie Murphy en verbomoteur Donkey et d’Antonio Banderas en suave Puss in Boots. Ce dernier vole encore la vedette dans chacune de ses scènes... avant de voler de ses propres ailes - Puss in Boots, le film, est prévu pour l’an prochain. Miaou!
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SHREK FOREVER AFTER (v.f.: Shrek: il était une fin)
Film d’animation de Mike Mitchell.
Shrek tourne en rond dans sa vie d’ogre «domestique». Il signe un pacte avec un lutin maléfique et se retrouve dans une réalité parallèle où il n’a jamais existé.
Par sa problématique plus adulte, ce dernier Shrek pourrait perdre des joueurs. Le fait qu’il soit plus avares de références à la pop-culture plaira à certains et décevra d’autres. L’unanimité, elle, se trouve dans l’animation 3D, impressionnante.