La Presse
Les meilleures intentions ne donnent pas obligatoirement les meilleurs résultats. Rencontrés en conférence de presse à New York, les quatre filles de Sex and the City et le réalisateur-scénariste Patrick Michael King étaient clairs et pertinents dans leurs explications concernant les tenants et les aboutissants du deuxième long métrage inspiré par la série culte. Comment réagiraient Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte face au mariage, à la carrière qui plafonne, au passage du temps et à la maternité? Le tout, enrobé d'un beau pied de nez à la récession.
Tout cela était bien inspirant. Le résultat, lui, n'est malheureusement pas inspiré. Sex and the City 2, qui prend l'affiche aujourd'hui, est pire que le premier film. Pire, dans le sens qu'on va ici au-delà de la seule déception que bien des fans avaient ressentie alors.
D'abord, le scénario coupe court avec New York (New York!!!) et se déroule en très grande partie à Abou Dhabi, où les filles sont invitées et dont on trace un portrait à peu près aussi réducteur que celui que Le bonheur de Pierre offrait du Québec. On comprend que l'Émirat ait refusé que ce tournage se fasse entre ses frontières (le Maroc a accepté le «rôle»).
Caricatures d'elles-mêmes
Ensuite, «nos» filles sont devenues des caricatures d'elles-mêmes auxquelles le scénario et les dialogues - eux, d'un plat hallucinant, d'un manque de mordant et de panache désolants - donnent un clou, un seul, sur lequel frapper. Ce qu'elles font pendant deux heures et demie, entre deux «Haaaaa!» extatiques (ici, parce qu'elles découvrent leur suite luxueuse; là, parce qu'elles aperçoivent une bande d'étalons; etc.). Bref, Carrie et son mariage, Sam et sa ménopause, Miranda et son job, Charlotte et la maternité: autant de filons qui pourraient donner lieu à quatre crescendos dramatiques. Mais non. On a une situation de départ, on vise le point le plus évident pour l'arrivée; entre les deux, on tente de bousculer un peu les conventions et, surtout, on piétine sur le thème.
On se rend aussi compte, en cours de voyage, que Michael Patrick King a (de manière paresseuse ou pour fins de recyclage?) utilisé des retailles du premier film pour confectionner le deuxième. L'intrigue concernant Charlotte - sa nanny super hot qui ne porte pas de soutien-gorge et fait loucher tous les papas - était censée être de la sortie inaugurale des personnages au grand écran. Même chose au sujet du flash-back où l'on voit, brièvement, les quatre filles dans les années 80.
Et la chimie?
Enfin, et ce n'est pas rien, peut-être est-ce l'effet du grand écran ou le fait que Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon et Kristin Davis ne se côtoient plus de façon régulière comme du temps de la série, peu importe, mais le manque de chimie entre les quatre comédiennes est évident. On ne parvient plus à croire à cette amitié indéfectible qui, elle aussi, s'exprime surtout par des «Aaaaah!» énamourés et des embrassades exagérées. On expose et on démontre quand rien ne passe autrement, non?
Bref, il est difficile de croire que ces quatre filles dans le vent, à l'avant-garde, assurées et fendantes, soient devenues à ce point ordinaires. Chassez les vêtements glamour, les chaussures démentes et les décors de rêve (oui, ça, il y a en quantité, on voulait faire un pied de nez à la récession et, lui, est réussi), il n'y a plus que des filles d'à côté. Celles qu'on n'a pas envie de fréquenter.
Sex and the City 2 n'est pas une nouvelle page de «sexe à New York» mais une traversée du désert - autant physiquement qu'intellectuellement.
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SEX AND THE CITY 2 (V.F.: SEXE À NEW YORK 2). Comédie romantique de Michael Patrick King. Avec Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis. 2 h 26.
Les quatre mousquetaires se retrouvent à Abou Dhabi pour des vacances de rêve qui tournent au cauchemar.
Des retailles d'idées tirées du premier, des caricatures qui se glissent dans la peau de «nos» personnages bien-aimés, de bonnes intentions qui sentent la manufacture. Et New York qui prend la porte. Déception.