La Presse
D’abord, il y a les paysages. Non, d’abord, il y a cet enfant, puis cet homme, qui se déplace sur les murs et de toit en toit, avec la fluidité et la grâce d’un félin. Sans pouvoirs à la Spiderman, sans armure à la Iron Man, sans technologie à la Batman. Juste à la force du poignet et du mollet, du biceps et de la cuisse. Un bien beau spectacle, que ces chorégraphies conçues par le Français David Belle, qui les a apprises à Jake Gyllenhaal et aux cascadeurs qui, ici et là, ont eu à le remplacer.
La beauté de Prince of Persia: The Sands of Time de Mike Newell, une adaptation de jeu vidéo plus réussie que la moyenne, se trouve là. De même que dans la plastique de ses deux têtes d’affiche, il faut l’admettre: Jake Gyllenhaal et Gemma Arterton, interprètes respectifs du prince Dastan et de la princesse Tamina, qui, dans la Perse du 6e siècle, vont s’unir envers et contre tous pour protéger une dague magique.
Ce cadeau (empoisonné) des dieux permet de contrôler le passage du temps – effet spécial du plus bel... effet, d’ailleurs, pour illustrer ces déplacements dans le temps. Bref, un tel pouvoir, même s’il peut s’avérer éminemment destructeur, ne peut qu’être convoité par des êtres mal intentionnés.
C’est le point de départ de ce qui pourrait être le premier volet d’une franchise portant les couleurs de Prince of Persia. C’est aussi, pour ainsi dire, son point d’arrivée: parce qu’on a l’impression qu’encore une fois, toute l’énergie et tous les sous sont allés à ceux dont le rôle est de jeter de la poudre (du sable?) aux yeux, au détriment de ceux qui ont à échafauder l’histoire. Ainsi, malgré des scènes d’action punchées et un rythme rapide, ça piétine, ça se répète et, souvent, ça ne tient pas vraiment debout.
Heureusement, Jake Gyllenhaal, lui, ne boite pas dans son incarnation du prince Dastan. Il s’y donne à fond, dans l’action comme dans l’humour, à la manière de Harrison Ford en mode Indiana Jones. Parce que le ton est là, au «Je ne me prends pas au sérieux». On vise ici, incontestablement, le public de Pirates of the Caribbeans – pas un hasard si le nom du producteur Jerry Bruckheimer apparaît au générique.
Autour de Jake Gyllenhaal, Alfred Molina et Ben Kingsley interprètent le cheik et son frère et font ce que doit: très bien. Le bât blesse par contre quand la caméra s’attarde trop longtemps sur Gemma Arterton – qui prouve une deuxième fois cette année, après sa non performance dans Clash of the Titans, que son registre de jeu est plutôt limité. Dans ce décor des 1001 nuits, elle n’a que la beauté d’une Shéhérazade. Mais c’est peut-être ce qu’il fallait à ce Prince of Persia sans histoire solide...
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PRINCE OF PERSIA: THE SANDS OF TIME (V.F.: PRINCE OF PERSIA: LES SABLES DU TEMPS)
Film fantastique de Mike Newell. Avec Jake Gyllenhaal, Gemma Aterton, Ben Kingsley, Alfred Molina. 1h56
Un prince et une princesse s'unissent pour protéger une dague permettant de contrôler le temps.
Visuellement, c'est très réussi. Côté distribution, c'est en général pas mal. Dommage que, question histoire, ça trébuche de partout.