La Presse
D’un côté, il y avait les craintes : New Moon, réalisé par Chris Weitz, a déçu – en irait-il de même avec Eclipse? D’un autre côté, il y avait l’espoir : le roman à l’origine du film de David Slade est supérieur à celui qui l’a précédé et Melissa Rosenberg signe des scénarios très fidèles aux livres – cela se refléterait-il sur ce troisième long métrage inspiré de la saga de Stephenie Meyer?
Bonne nouvelle, c’est la «team Espoir» qui l’emporte : The Twilight Saga – Eclipse, qui prend l’affiche mercredi, se hisse au niveau de Twilight de Catherine Hardwicke, qui avait ouvert la franchise avec fracas. Le romantisme y est moins exacerbé et la dynamique entre ados, moins présente que dans le volet inaugural (normal, il en va ainsi du roman) ; mais les effets spéciaux sont plus réussis et les scènes d’action, d’une indéniable efficacité. Et, contrairement à ce qui se produit à quelques reprises dans New Moon, les rires que déclenchent Eclipse sont (pour la plupart) provoqués volontairement. Même ceux qui se déroulent sous la fameuse tente – que les fans des romans ont déjà visitée en imagination. N’en disons pas plus.
Triangle amoureux
Rappelons les «faits». À la fin de New Moon, Edward le sublime vampire (Robert Pattinson, ténébreux et romantique mais, ici, plus menaçant pour les ennemis et «trop-amis» de sa belle), demandait Bella (Kristen Stewart, qui partage avec Pattinson une belle chimie à l’écran) en mariage. Il est plus que centenaire et «dans son temps», c’est ainsi que les choses se faisaient – belle scène que celle de cette explication. Bella – qui, elle, n’a que 17 ans et est bien de notre époque – hésite mais ne renonce pas à son souhait d’être transformée en vampire – autre belle scène, la toute dernière, que celle où elle explique à Edward le pourquoi de ce désir. En ce sens, le scénario de Melissa Rosenberg met en relief certaines motivations des personnages, leur donnant un peu plus de profondeur et de chair.
Arrive alors la troisième pointe de ce triangle amoureux, Jacob le loup (Taylor Lautner, qui est aussi le maillon plus faible de la chaîne, son jeu – autre que celui de ses biceps – ne pouvant rivaliser avec celui de ses partenaires à l’écran). Bella éprouve un penchant pour lui, et devra explorer cette possibilité avant de faire certains choix. Ce, en ayant une épée de Damoclès sur la tête : la terrible Victoria monte une armée de vampires pour la tuer. Sous la crinière rousse de celle par qui le mal arrive, Bryce Dallas Howard a remplacé Rachelle Lefevre. Malheureusement, elle ne parvient pas à nous faire croire au côté implacable et terrifiant de l’ennemie jurée de Bella, Edward et Jacob.
David Slade (Hard Candy, 30 Days of Night) a su, chaque fois qu’il en a eu l’occasion, donner du nerf à cette histoire où beaucoup (trop) de choses passent par les dialogues. La scène d’ouverture, où un adolescent est attaqué par une «ombre» que l’on devine être Victoria, laisse d’ailleurs présager un long métrage plus sombre que les précédents. C’est le cas – mais sans excès, public oblige. Et, pour enrober le tout, la direction photo de Javier Aguirresarobe, toujours somptueuse. Bref, nous sommes de retour dans les eaux confortables qui avaient fait le succès de Twilight. C’est une bonne nouvelle.
THE TWILIGHT SAGA - ECLIPSE (V.F.: LA SAGA TWILIGHT - HÉSITATION)
Drame fantastique de David Slade. Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner. 2h01
Entre l’amour d’Edward le vampire et celui de Jacob le loup, le cœur de Bella l’indécise balance encore, tandis qu’une menace plane sur elle : Victoria n’a pas abandonné ses projets de vengeance.
Parce que le troisième tome de la série romanesque est meilleur que le deuxième et parce que David Slade a fait du beau boulot, avec Eclipse, le soleil se lève de nouveau sur la franchise Twilight.