|
Aleksi K. Lepage, collaboration spéciale |
La Presse
Cet inattendu Despicable Me (Détestable moi en français) est une rafraîchissante surprise qui nous change de la niaiserie familiale habituelle et qui, surtout, nous fera enfin digérer l’immangeable The Last Airbender à saveur de pas bon. Ici l’usage du 3D, bien qu’accessoire, n’est pas qu’un gimmick, n’est pas fortuit et sert parfaitement le récit qu’il enjolive. C’est la cerise sur le sundae, le film, version «sans lunettes» passerait tout aussi bien.
Nous suivons les aventures de Gru, homme riche, sinistre, malcommode et sans âge (voix de Steve Carell) à la solde de banquiers ouvertement véreux et d’un homme d’affaire prétentieux (caricature de Bill Gates). Bref, nous sommes chez «les méchants» prêts à toutes les bassesses pour aller de l’avant et fomenter des projets douteux.
Le coeur sec de cet homme sombre et égocentrique va lentement s’imbiber de tendresse et de compassion au contact de trois fillettes orphelines qu’il aura adoptées momentanément, suivant un plan machiavélique. Le grigou se prendra d’affection pour ces enfants solitaires et, tel un Scrooge post-moderne, apprendra certaines choses de la vie.
Pour le plaisir, sont ajoutés sans autre raison une galerie de mignons petits personnages, employés euphoriques et comiques de l’intimidant Gru, semblables à des schtroumpfs jaunes et qui ont donc chacun sa personnalité. Despicable Me frôle sans l’atteindre la frontière qui sépare la blague de la bluette: c’est une comédie avec une touche de profonde humanité, et d’une qualité esthétique incontestable. À classer pas très loin de Wall-E et de Toy Story III. Fabriqué en duo par des inconnus (Pierre Coffin et Chris Renaud), écrit par des scénaristes attitrés de Hollywood, et bricolé par une fournée d’artistes et d’artisans qui, visiblement, aiment leur métier (ne quittez pas la salle pendant le générique de fin, c’est du grand art). Cette production commerciale est réjouissante de bout en bout.