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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Beauté plastique et sculpturale au corps glabre et à l’iris bleu, Zach Efron, nouvelle coqueluche de ces damoiselles, possède effectivement, en tant qu’acteur, l’intensité dramatique d’un mannequin d’apparat.
Pourtant l’artiste n’est pas dépourvu de charisme et de talent, mais ce Charlie St. Cloud signé Burr Steers ne fera pas de lui le nouveau Brando, ni même un vague Patrick Swayze. Sans doute mal dirigé par un réalisateur empressé d’offrir la marchandise, Efron, et à peu près tous les autres acteurs et actrices de cette gentille chose, semblent tous mystérieusement crispés, figés, voire embaumés. Des statues, oui. Mais des statues de cire. Il faudra expliquer à Efron que «regarder ailleurs» en prenant l’air de «penser à quelque chose” n’est pas nécessairement un grand truc d’acteur.
Les prémisses, intéressantes, rappellent le Sixth Sense de Shyamalan, version fleur bleue, et évoque aussi par détours Ghost et Somewhere in Time puisqu’il y est question d’un «fantôme d’amour», en l’occurrence ici le petit frère du héros, mort des suites d’un accident de voiture. Endeuillé et souffrant des tourments intérieurs de la culpabilité, le grand frère (Efron), autrefois jovial et sportif, ami de la mer et amateur de course en bateau, deviendra froid, reclus et austère. Et, surtout, mentalement très perturbé : il verra son petit frangin spectral apparaître ici et là dans les sous-bois, pour placoter et pratiquer le baseball. Cette rencontre avec le fantôme aura des conséquences «inattendues» (qu’on devine dès le générique, merci à la trame sonore gluante d’optimisme. Non, ça ne finira pas mal.)
Fantaisie lénifiante et risible, aux connotations ésotériques, laquelle glorifie jusqu’à les mythifier les éternelles valeurs de l’amour et de la loyauté, Charlie St. Cloud propose des messages épais, c’est-à-dire facilement assimilables aux gens qui gardent précieusement Le Secret comme lecture de chevet.
Grosso modo, il faut retenir cette leçon : On a toujours une deuxième chance et il vaut mieux garder espoir. Dans le cas de ce film, la deuxième chance sera sa sortie en DVD.
Kim Bassinger et Ray Liotta y font leur petite apparition, en pure perte, Zac Efron leur volant la vedette (voler est un bien grand mot) Mais il y a de très belles images, bien rendues et des merveilles naturelles de la Colombie-Britannique.
Charlie St.Cloud
Drame de Burr Streers
Avec Zac Eflon, Charlie Tahan, Amanda Crew
90 minutes
-Après la mort brutale de son jeune frère, Charlie, jeune sportif enthousiaste, sombre dans les gouffres du deuil et s’isole dans un monde imaginaire dans lequel il garde contact avec les morts.
-The Sixth Sense pour les gens sensibles qui ont peur de leur ombre ; du Shyamalan à l’eau de rose.
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