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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
«Le rock, c’est nous. Ensemble. Maintenant», déclare en toute naïveté et sans fausse modestie le charismatique Manu à ses comparses: Manu, leader du groupe français Lust, héros tragique de cette espèce de musicographie fictive et bidon saturée de clichés et de lieux communs malgré les meilleures volontés. Non, Bus Palladium n’est en rien une bonne farce à la This is Spinal Tap. C’est du sérieux, ça n’entend pas au pastiche, ça n’entend pas à rire. Le rock, c’est eux, qu’on le veuille ou non.
Rétro à souhaits (ou à l’écoeurement, selon vos limites de tolérance), le film de Christopher Thompson nous impose un retour aux années 80, avec force détails, références, et innombrables renvois à cette période spécifique de la petite histoire du rock. Rien n’est laissé au hasard, et en cela Thompson n’aura pas manqué son coup, entouré d’acteurs attachants, dont évidemment Marc-André Grodin, qui attirera par sa seule présence les faveurs du public québécois pour ce mélodrame somme toute prévisible. On y apprend, dès le début, que Manu va mourir à la fin, et on comprend très vite que la dislocation du groupe viendra d’une jolie femme et, probablement, d’un départ, d’un suicide ou d’une overdose. Bref, c’est un peu l’histoire des Doors, c’est un peu l’histoire des Beatles, réinventée et réarrangée.
Le grand tort de Thompson, aussi scénariste et dialoguiste, est d’offrir l’épilogue en hors d’oeuvre. Sachant d’avance les tristes dénouements de cette aventure dans le milieu du showbiz, on assiste, préparé et froid, à un spectacle bien fait, parfois touchant, mais sans invention, sans ce twist final qui aurait pu faire de Bus Palladium un drame intéressant sur la supercherie du glamour.
On répète, puisqu’il s’agit du véritable atout de cette chose sympathique mais sans surprise, que les acteurs sont magnifiques: Arthur Dupont dans le rôle de la tête brûlée, émule de Jim Morrison et, bien sûr, Marc-André Grondin, un peu figé mais totalement crédible et émouvant dans la peau du jeune artiste indécis qui n’a pas forcément envie de jouer le jeu de la rock star. La musique, signée Yarol Poupaud, n’est pas mal non plus.
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BUS PALLADIUM
Drame de Christopher Thompson. Avec Marc-André Grondin, Arthur Dupont et Elisa Sednaoui. 1h40
L'histoire fictive et évidemment tragique d'un groupe rock français des années 80, à peine formé et déjà en proie aux inévitables conflits des vraies stars.
Après la pause, le héros sombre dans l'enfer de la drogue.