Le jeudi 2 septembre 2010
Tromper le silence : pari tenu
La Presse
Tromper le silence est un film suave, fluide, intimiste et minimaliste, de tensions et d’atmosphères, nettement plus abouti, sur le plan formel, que le premier long métrage de la jeune cinéaste Julie Hivon.
Viviane (Suzanne Clément), une photographe, est en conflit avec son frère, qui lui servait de modèle. Elle rencontre Guillaume (Maxime Dumontier), un jeune homme écorché, à tendance autodestructrice, qui lui inspire un nouveau projet artistique, tout en la renvoyant à ses propres démons.
La réussite de Tromper le silence repose sur la dynamique, chargée, explosive, entre ces deux personnages complexes, et sur la complicité, évidente, entre ses interprètes. La fragilité de Viviane est exploitée avec beaucoup de finesse par Suzanne Clément. Maxime Dumontier, révélé par Tout est parfait, campe tout aussi justement l’énigmatique Guillaume, séducteur atypique à l’allure de Kurt Cobain, conscient de son charme.
Éclairé le plus souvent par une lumière naturelle (filtrée pour les flashbacks), avec des plans soigneusement étudiés (photographie de Claudine Sauvé), Tromper le silence, malgré quelques effets scénaristiques trop appuyés (ellipses), confirme de nouveau la vitalité du cinéma d’auteur québécois.