|
Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
À en croire les scribes du dossier de presse, ce film «propose un aperçu saisissant du potentiel démentiel de la nature humaine.» Tout un programme! De fait, Délivrez-nous du mal, du danois Ole Bornedal, est une chute vertigineuse vers les plus bas fonds de la détresse humaine, rien de moins. Et même s'il y a vague promesse d'espoir en toute fin, ce voyage dans les ténèbres de l'âme n'a absolument rien de jojo.
Visiblement inspiré par un certain cinéma américain, un cinéma brutal, sans concession, tenant à la fois du thriller, du drame social et du portrait psychologique (les références au Straw Dogs de Sam Peckinpah ne sont pas que de petits clins d'oeil), le film de Bornedal qui pigrasse aussi dans Night of the Living Dead ou Assault on Precinct 13. Deliver us From Evil, par longs détours, s'avère être un véritable drame d'horreur, brillant, pertinent mais peu agréable. Non, il n'y a pas de zombis, tout se passe ici entre humains... Trop humains.
Grosso modo: Deux frères que tout oppose se retrouvent en leur village natal. Un avocat de bonne nature, avec épouse et enfants, Johaness, et un camionneur au mauvais tempérament qui boit et se bat, Lars. Quelque sinistre évènement (un délit de fuite) mèneront les citoyens, plus ou moins dégénérés, à se faire justice, menés par un vétéran de guerre perturbé et devenu une sorte de leader spirituel. Tout celà ne peut que mal finir. Admirablement filmé par un cinéaste qui a de l'oeil, Deliver Us From Evil pose mille questions aux réponses impossibles. Ce film est une provocation. Et qui n'aime pas être provoqué?
________________________________________________________________
* * *
DELIVER US FOR EVIL. Drame de Ole Bomedal avec Lasse Rimmer, Lene Nystrom, Jens Andersen. 93 minutes.
Après un délit de fuite, les habitants d'un petit village se livrent à une vengeance absurde et commandée.
Drame familial, drame social, drame d'horreur, ce film de tous les genres est une expérience infiniment captivante et troublante, malgré quelques fautes de goût et beaucoup de blabla.