La Presse
Il y a eu Juno. Il y a eu (500) Days of Summer. Cette année, les amateurs de comédies romantiques pas comme les autres portées par des personnages originaux et une trame sonore qui va squatter les iPod pendant des semaines auront Easy A à se mettre sous la dent.
Délicieusement mordant et subversif, le scénario de Burt V. Royal… royalement mis en image par Will Gluck, raconte l'histoire d'Olive (Emma Stone, formidable). Olive qui, dans l’école secondaire californienne qu’elle fréquente, est l’une des dernières filles à être toujours vierge. Un jour de grand ras-le-bol, dans les toilettes des filles, elle ment à sa meilleure amie (Aly Michalka) et affirme qu’elle «l’a fait».
Coup de théâtre qui résonne dans toute l’école et à l’extérieur. La rumeur enfle, déforme les faits. Et Olive, originale qui n’a pas froid aux yeux (effet secondaire de la cohabitation avec des parents judicieusement décalés, interprétés par les formidablement complices Stanley Tucci et Patricia Clarkson), de la laisser courir. Et d’en rajouter. Allant jusqu’à se faire passer pour une «dépuceleuse» pleine de bonne volonté. La cerise sur le gâteau: le A, rouge, à l’image de celui de l’héroïne de The Scarlet Letter, qu’elle affiche fièrement sur sa poitrine de plus en plus moulée dans des vêtements de plus en plus provocants.
Autour d’elle: son père et sa mère, dont on ne perd pas de temps à exposer le passé, et c’est très bien ainsi, leur originalité transpirant dans leurs propos et leur attitude face au comportement de leur fille; un prof d’anglais inspirant (Thomas Haden Church, parfait) et sa femme (Lisa Kudrow, dans son meilleur film depuis longtemps); un groupe d’étudiants puritains; un meilleur ami qui n’assume pas encore son orientation sexuelle (Dan Byrd); et un vieux copain avec qui elle a failli, enfant, échanger le premier vrai baiser (Penn Badgley de Gossip Girl, en mode moins verbomoteur – ouf!).
Mais la vraie star de Easy A est Emma Stone (Zombieland, Superbad). Elle porte le film sur ses épaules. L’aplomb avec lequel elle assume la transformation du personnage, lâche les phrases les plus assassines (ou, pour certains, inconvenantes) fait d’elle et de son personnage un bonheur pour les yeux et les oreilles.
D’autant plus que, derrière des allures de comédie, ce film lance des flèches en direction de l’hypocrisie bien-pensante, s’interroge sur les réseaux sociaux et les moyens de communication modernes, met en exergue la pression des pairs que subissent les ados. Autant de filons qui pourraient être traités de façon moralisatrice et gnangnan. Sauf que morale et «gnangnisme» ne font pas partie de la boîte à outils des artisans d’Easy A. C’est une très bonne chose.
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EASY A (V.F.: TOUT POUR UN A) Comédie de Will Gluck. Avec Emma Stone, Stanley Tucci, Patricia Clarkson, Aly Michalka, Penn Badgley. 1 h 32.
Une adolescente laisse courir et enfler la rumeur voulant qu’elle ait perdu sa virginité, même si elle ne «l’a jamais fait».
Une comédie adolescente plus intelligente que la moyenne, très bien écrite et interprétée.