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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Voici en quelque sorte le Cloverfield du cinéma pour ados, ou le Blair Witch Project du film à peine pubère, à savoir un faux documentaire tourné par de faux amateurs qui captent avec leurs caméras numériques quelques pathétiques ou fascinantes tranches de vie juvénile: la vie de puceaux désireux d’en finir une fois pour toutes avec la honte de la virginité.
Suivant une sorte de pacte, ces jeunes louveteaux affamés tâcheront de vivre et partager ensemble, au moyen d’une petite caméra portable, les joies et les inconvénients d’un dépucelage en ligne très mal organisé. The Virginity Hit est donc le témoignage fictif d’une bande de jeunes désespérés, résolus à se taper des demoiselles pour devenir des hommes, des vrais.
Nos petits coqs, après quelque déboires pathétiques, iront jusqu’à recourir aux services d’une actrice porno (Sunny Leone, interprétée ici par... Sunny Leone), mais rien n’y fera: toutes les tentatives de ces machos de pacotille mèneront vers le fiasco ou le flou mélancolique. On sait dès les premières images de ce film allumé, très drôle, qu’on aura droit à un final édifiant, l’éternel message qu’il vaut mieux faire l’amour, l’authentique, avec une fille, que de courir les lapines.
S’il passerait pour un film moralement provocateur, The Virginity Hit s’en tient aux bonnes vieilles valeurs puritaines et, malgré son look de «portrait d’une génération trash» pris sur le vif, on n’aurait pas été étonné que cet exercice de fiction documentaire se termine par un mariage. On est plus proche du cinéma sympathique et subtilement pédagogique de John Hugues (The Breakfast Club) que des films plus crus et rugueux de Larry Clark (Kids), qui parle de l’adolescence avec tendresse, empathie mais cruelle lucidité. Dit vitement, ce Virginity Hit est amusant, de forme inusitée, mais ne propose rien qu’on ne sache déjà.
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The Virginity Hit. Comédie de Huck Botko et Andrew Gurland, avec Matt Bennett, Zach Pearlman, Jacob Davich.
Quelques adolescents, vierges et en proie aux pulsions des sens, décident d’en finir avec leur pucelage.
Entre le cinéma «expérimental» et l’habituel bonbon pour ados. Une expérience intéressante et drôle...