|
Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Voici, un dessin animé «pour toute la famille», façon DreamWorks ou Disney, avec des animaux qui parlent et qui grouillent en 3D. Des loups, pour faire changement. Version canine du Roi lion, moins l’intensité et avec plus d’humour, Alpha and Omega voit s’opposer deux meutes de loups, isolées des hommes et se disputant leur territoire.
Parmi ces bêtes, il y a les dominateurs (les Alpha, évidemment) et les ratés (les Omega), lesquels parias forment une clique à part. Ce film raconte l’histoire d’amour improbable entre une femelle Alpha, fille du chef de meute, et un loup excentrique appartenant aux basses souches de la race: un lunatique qui n’a d’armes que l’humour et le charme. On pense immédiatement au classique La belle et le clochard.
Capturés par des chasseurs, la femelle Alpha et le poltron Omega feront plus ample connaissance avant de s’enfuir et de regagner leur clan respectif. Car il y a guerre au sein du pays des loups. On s’en doute, les meutes seront réconciliées après un dur combat, et le petit couple disparate sera réuni avec l’approbation des chefs que pourtant tout oppose.
Ce film bien fait, aux dialogues détonants et aux plaisanteries grivoises subtilement sous-entendues, est, techniquement parlant, une déception. L’utilisation du 3D y est non seulement inutile mais embarrassante, et on en vient encore à se demander quand donc passera cette mode renouvelée. Passé cet agacement, Alpha and Omega est un divertissement potable, gentil, aux messages faisant consensus déjà bien compris et à la morale partagée. Bref, on tartine la même confiture au bon goût de «les gens seraient meilleurs si le monde allait mieux».
_____________________________________________________________________
* * 1/2
Alpha and Omega. Film d’animation d’Anthony Bell et Ben Gluck.
L’histoire d’un amour improbable entre deux jeunes loups mêlés à une guerre de clans. Après ces mésaventures, ils auront beaucoup d’enfants.
Mignon et vide. Et le 3D n’arrange pas les choses.