|
Aleksi K. Lepage |
La Presse
On pense un peu à feu Chabrol dans son mode «thriller psychologique». On pense aussi vaguement à Polanski. Et, bizarrement vers la fin, on pense à la série télé Columbo, quand sont enfin résolues les énigmes. Crime d’amour d’Alain Corneau est une intrigue alambiquée et labyrinthique.
Il y est question de rivalité entre deux femmes au sein d’une grande entreprise. Isabelle (Ludivine Sagnier) sera accusée (à tort ou à raison, c’est à vous d’y voir) du meurtre de sa supérieure, Christine (Kristin Scott Thomas), femme de tête, femme de caractère à l’esprit retors qui aura voulu en quelque sorte vampiriser sa jeune employée. Patrick Mille incarne «le gars qui se demande ce qui s’est passé.»
Paresseux, Crime d’amour prend son temps. Si bien qu’après trente minutes, on se demande si on tiendra le coup. Si le final, en forme de révélation inattendue, laisse de glace, la progression dramatique du «dernier chapitre» suscite intérêt et même fascination: on veut vraiment savoir de quoi il en retourne. Cette jeune femme est-elle coupable? Et, si tel est le cas, ce meurtre n’est-il dû qu’à quelque accès d’ambition ou à quelque attirance obscure lequel mènerait à un amour impossible entre deux femmes aux desseins semblables?
Feu Alain Corneau, cinéaste de talent et imprévisible, qui a touché à tout (de Police Python 357 à Tous les matins du monde), fait ici dans l’ambigu et semble prendre plaisir à confondre le spectateur auquel on propose une intrigue psychologique qui se transforme lentement en véritable polar. Un film de genre sous des allures guindées.
Crime d'amour
Un drame d'Alain Corneau, avec Ludivine Sagnier (Isabelle), Kristin Scott Thomas (Christine), Patrick Mille (Philippe), Guillaume Marquet (Daniel), Gérald Laroche (Gérard), Julien Rochefort (l'avocat), Olivier Rabourdin (le juge), Marie Guillard (Claudine), Mike Powers (boss 1), Matthew Gonder (boss 2), Jean-Pierre Leclerc (adjoint de Gérard) et Anne Girouard (vendeuse).
Durée : 1h46