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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Oyez! Oyez! Le viril et ténébreux Nicolas Cage refait surface dans une autre giga-production psychotronique qu’il nous faudrait apparemment considérer avec sérieux : il y est tout de même question de la foi chrétienne et des forces du mal.
Cage, oeil morne, visage crispé, et l’air de souffrir d’une quelconque démangeaison, y incarne le fougueux Behmen, guerrier à la solde de l’Église et pourfendeur de païens. C’est le Moyen-âge. On est quelque part entre l’Angleterre et la France. Accompagné de son fidèle compagnon de désespoir, Felson (Ron Perlman, dans le rôle d’«Obélix»), Behmen doit livrer une jeune «sorcière» dans un monastère afin que le procès et l’immolation soient faits en bonne et due forme. On comprendra que ladite sorcière, «responsable» d’une épouvantable épidémie de peste, est en vérité l’incarnation de Satan. Et que le pouvoir du Christ est assez efficace.
Mis en images avec élégance et soucis du détail par Dominic Sena, (Kalifornia) lequel réfère parfois aux bons vieux films brumeux de la firme Hammer des années 60, Season of the Witch (qui n’a rien à voir avec le film éponyme de Romero, et encore moins avec la chanson de Donovan) est un navrant ratage qu’il vaut mieux prendre pour une série B visuellement bien faite (un peu trop de Lord of the Rings ici et là) mais au scénario disloqué, aux dialogues absurdes, au montage décousu et à la trame sonore usinée. À dire vrai, Season of the Witch fait l’effet d’une bande annonce qui s’étire sur deux heures. À la fin, on se demande pourquoi M. Cage, acteur de talent, au charisme indéniable, s’embourbe un peu plus, depuis les National Treasure, et l’affreux remake de The Wicker Man, dans les vases du cinéma commercial aux vues obscurément ésotériques. Sors de là, Nick, sors de là!
SEASON OF THE WITCH. Drame fantastique de Dominic Sena. Avec Nicolas Cage, Ron Perlman, Claire Foy. 1h34