Le jeudi 24 février 2011
Angle mort : mauvaise copie
La Presse
À moins d’une erreur, il y avait au départ une volonté de proposer au public québécois un divertissement de qualité. Un thriller «à l’américaine» formaté à même un sous-genre surexploité dont les excroissances alimentent habituellement les tablettes des vidéoclubs. Ou les cases horaires creuses des chaînes spécialisées. Sans être louable, l’intention est quand même légitime. Encore faut-il trouver un angle «local» intéressant pour justifier une variation sur un même thème. Ou, à tout le moins, s’assurer de disposer d’une histoire solide avant de s’aventurer sur le terrain de l’imitation.
Or, le scénario d’Angle mort (signé Martin Girard) ne tient pas la route. Pire, les invraisemblances sont telles que les frissons bon marché sur lesquels on misait pour séduire les amateurs provoquent plutôt des éclats de rire.
Quand, dans une histoire campée dans la République (fictive) de Santiago, où la langue d’usage est l’espagnol, un journal local publié dans la langue de Molière ne constitue pas la pire des bizarreries, on peut d’office mesurer l’ampleur du désastre.
Ainsi, les mésaventures d’un jeune couple québécois dont les vacances dans le sud tournent au cauchemar parce qu’un grand brûlé, tueur en série, cherche vengeance, sont ponctuées d’épisodes le plus souvent grotesques.
Karine Vanasse et Sébastien Huberdeau font bien ce qu’ils peuvent pour tenter de rendre crédible des situations indéfendables, mais à l’impossible nul n’est tenu. Cette production réunissant quand même des gens de qualité, on s’étonne de constater que personne n’a pu – ou su – réagir avant qu’il ne soit trop tard.
Angle mort n’est pourtant pas complètement inutile. On remarque en effet que le latex dont est recouvert Peter Miller résiste aux balles, mais n’est pas à l’épreuve du feu. On aura au moins appris ça.
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ANGLE MORT
Suspense réalisé par Dominic James. Avec Karine Vanasse, Sébastien Huberdeau, Peter Miller. 1h20.