Le vendredi 4 mars 2011
The Year Dolly Parton Was My Mom: un bon vent de l'Ouest
Dolly Parton, ma mère et moi
La Presse
Ce premier film de la Canadienne Tara Johns est d’abord et avant tout une sacrée bonne idée.
Ayant tourné dans les Prairies, ce qui est déjà une avenue originale (il vente d’ailleurs beaucoup à l’écran!), la réalisatrice multiplie les bons «flashes» dans cette sympathique histoire empreinte d’humour, qui s’inscrit dans le courant des revendications féministes des années 70. Elizabeth, fille unique âgée de 11 ans, apprend, par un drôle de hasard, qu’elle est adoptée. Ce qui lui vaudra les railleries de certaines de ses « amies ».
Pour toutes sortes de raisons farfelues, elle est convaincue que Dolly Parton est sa mère biologique. Et profite d’un spectacle que donne la chanteuse à Minneapolis pour aller à sa rencontre. Mais ce road-trip, d’abord entrepris en vélo, ne sera possible qu’avec la participation de sa mère adoptive, une femme au foyer un peu coincée, bousculée par les changements qui s’opèrent autour d’elle (dans sa famille, mais aussi dans la société).
Macha Grenon, qui interprète avec conviction le rôle de cette mère rigide (en anglais), ne parvient pas toujours à rendre crédible sa métamorphose, provoquée entre autres par ce que vit sa fille (Julia Stone, excellente). L’autre duo mère-fille (la voisine « libérée » et sa fille) est tout aussi présent, et fournit une intéressante matière à réflexion sur l’évolution de la vie familiale.
La première partie du film, qui cherche à placer les éléments de cette comédie dramatique, s’étire un peu en longueur. On ne peut s’empêcher de penser que si les parents avaient pris la peine de parler à leur fille au bon moment, et qu’ils lui avaient confié un portable, rien de tout cela ne serait arrivé... Mais bon, ce sont les années 70!
Une fois la table mise, le film prend son envol. Et l’on prend alors un réel plaisir à suivre cette petite fille et sa mère dans leur quête, aussi invraisemblable qu’elle puisse paraître et en dépit de certaines répliques moralisantes.
Les chansons de Dolly Parton (qui, soulignons-le, ne joue pas dans le film) rythment parfaitement le récit, nous menant, cheveux au vent, jusqu’à la destination finale.
THE YEAR DOLLY PARTON WAS MY MOM (V.F. DOLLY PARTON, MA MÈRE ET MOI). Comédie dramatique de Tara Johns. Avec Gil Bellows, Macha Grenon et Julia Stone. 1 h 35.