Le jeudi 17 mars 2011
I Love You Phillip Morris : un festival Jim Carrey!
Je t'aimerai toujours Phillip Morris
La Presse
Plus de deux ans après sa présentation au Festival de Sundance (aussi à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2009), I Love You Phillip Morris prend enfin l’affiche à Montréal. Cette comédie romantique décapante, inspirée d’une histoire «vraie», séduit par son ton iconoclaste, mais se démarque aussi grâce à Jim Carrey, remarquable dans un rôle enfin digne de ce nom.
L’homme aux mille visages, qui n’a pas eu beaucoup l’occasion de se faire valoir au cours des récentes années, fait ici flèche de tout bois en se glissant dans la peau d’un homme ayant toujours usé de stratagèmes pour arriver à ses fins. Le premier acte du film, particulièrement jouissif, s’attarde d’ailleurs à décrire le passé de l’homme en prenant comme prétexte un séjour à l’hôpital.
Très bien vu en société, Steven Russel est flic, bien marié, bon père de famille, et chrétien pratiquant. Un accident tiendra lieu de révélateur. Décidant de libérer sa vraie nature, Steven deviendra arnaqueur professionnel afin de pouvoir financer son nouveau train de vie, celui d’un hédoniste gai. «Gai, gai, gai, gai, gai!», comme il l’affirme lui-même.
Ses actions le conduisent en taule. C’est là qu’il rencontre Phillip Morris (Ewan McGregor), dont il tombe follement amoureux. Le récit s’attardera désormais à décrire les hauts et les bas d’une relation sentimentale entre un menteur congénital et un jeune homme un peu fleur bleue, à qui Steven pourrait facilement briser le coeur. Étant toutefois bien accroché, l’escroc sera prêt à tout pour conserver l’affection de celui qu’il aime.
Glenn Ficarra et John Requa s’étaient déjà fait remarquer en signant le scénario de Bad Santa, d’heureuse mémoire. Le tandem passe cette fois derrière la caméra et propose un mélange de genres assez audacieux. À la fois drame carcéral, comédie romantique, film d’arnaque et mélodrame, I Love You Phillip Morris se situe toujours à la frange de l’un pour ensuite être désamorcé dans l’autre. À cet égard, le récit s’appuie sur un revirement des plus étonnants. Dans leur mise en scène, les auteurs utilisent de surcroît les outils habituels du drame romantique américain (musique larmoyante à la clé) pour probablement mieux les détourner. Il convient d’utiliser ici le mot «probablement» car à l’instar du personnage principal de cette histoire, il est difficile de distinguer ici ce qui relève de la sincérité ou de la manipulation. Ficarra et Requa font évidemment aussi écho à cette ambiguïté dans leurs choix de réalisation.
Dans cette histoire d’amour conjuguée au masculin, Ewan McGregor se révèle touchant. Cela dit, ce film est d’abord et avant tout l’affaire de Jim Carrey. Ses admirateurs en seront ravis.
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***1/2
I LOVE YOU PHILLIP MORRIS
Comédie dramatique de Glenn Ficarra et John Requa. Avec Jim Carrey, Ewan McGregor, Leslie Mann. 1h38.