Le jeudi 14 avril 2011
Frisson des collines : les chemins d’été
La Presse
Pour marquer son retour au cinéma francophone, Richard Roy (Moody Beach, Caboose) a concocté un film personnel puisé à même ses souvenirs d’enfance. Il n’en résulte pas obligatoirement une grande oeuvre, mais on dénote dans Frisson des collines une telle sincérité, une telle envie d’ensoleiller le coeur du spectateur, que le charme opère.
La vision que propose l’auteur cinéaste (qui a coécrit le scénario avec Michel Michaud) est ici sublimée par le prisme de la nostalgie. Et découle d’un élan qui ravira tous ceux qui ont vécu cette époque.
Comme plusieurs films québécois des récentes années, Frisson des collines est campé dans les années 60, à l’orée de la décennie suivante, à vrai dire. En 1969, alors que l’Amérique s’apprête à envoyer son premier homme sur la Lune, la vie d’un garçon de 12 ans qui a grandi dans un petit village québécois (Antoine Pilon) bascule quand son père (Patrice Robitaille) meurt subitement à cause d’un bête accident de travail. Même si le point de départ est pratiquement le même que celui d’Une vie qui commence, sorti au tout début de l’année, Roy emprunte une tout autre direction.
Bien que cet événement tragique soit vécu très difficilement par la mère (Anick Lemay), qui passe désormais ses journées entières au cimetière, le jeune Frisson (c’est le prénom du garçon) développe plutôt une soif de vivre qui l’amènera à tenter ses propres expériences à l’extérieur du cercle familial. Il fera évidemment les 400 coups en compagnie d’un copain de son âge ; entretiendra un amour secret pour la ravissante maîtresse d’école (Évelyne Brochu); et se liera d’amitié avec un motard qui le prend sous son aile (Guillaume Lemay-Thivierge). Frisson partage en outre avec ce dernier un amour inconditionnel pour la musique de Jimi Hendrix. Il se mettra d’ailleurs en tête de se rendre au festival de musique de Woodstock – peu importe les moyens d’y parvenir – afin d’aller rencontrer son idole et de lui soutirer un autographe.
Autour de Frisson, interprété de façon convaincante par le nouveau venu Antoine Pilon, gravitent plusieurs personnages, pas tous également bien dessinés, parmi lesquels se distinguent surtout Burger (irrésistible Antoine Bertrand), fier de ses farces d’apprenti «mononcle», et, de façon plus attendue, le motard Faucher (Lemay-Thivierge).
On pourra trouver le tableau un peu trop idyllique, un peu trop magnifié par le souvenir, forcément plus beau que la réalité, mais Frisson des collines assume pleinement sa nature de «film pur bonheur» (expression consacrée par l’Office québécois de la langue française en guise de traduction de feel good movie).
On ne cédera pas à l’excès d’enthousiasme que suggère cette expression dans la langue de Molière, mais il y a quand même lieu de parler ici d’un film charmant, sympathique et réconfortant.
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FRISSON DES COLLINES
Comédie dramatique réalisée par Richard Roy. Avec Antoine Pilon, Guillaume Lemay-Thivierge, Evelyne Brochu, Antoine Bertrand. 1h43.