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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Aimez-vous les grosses olives farcies? En voilà une bonne chaudière directement sortie des saumures de Michael Bay, le Roi du manger salé. Pardonnez cette introduction lipidique et lapidaire, mais on ne saurait parler de Transformers : Dark of the Moon qu’en sombrant dans l’analogie alimentaire, ou encore dans la litote et l’euphémisme : ce nouvel épisode (et dernier, promet-on) est, restons polis, le moins pire des trois. Le premier n’étant pas si mal et le deuxième...Vraiment beaucoup plus moins moyen.
Michael Bay ne s’en est jamais caché : le cinéma qu’il propose (ou impose), de Pearl Harbor à Bad Boys 2, s’adresse aux ruminants de popcorn qui vont aux vues pour y trouver délassement, bouffe et air conditionné, c’est du moins ainsi qu’il envisage « son » public ; impressionnable et tellement content d’être gavé qu’il en oublie tout jugement. Mais le grand public n’est pas si dupe et, passé l’inévitable week-end gagnant au box-office, ce film ira se perdre dans les talles d’emballages sans contenu, avec G.I. Joe ou The A-Team.
Rappelons vitement les faits. Sur leur planète, Cybertron, les Transformers étaient des dieux ; puissantes et géantes créatures mécaniques capables de métamorphose. À la suite d’un cataclysmique conflit guerrier, les voici venus sur Terre, se livrant bataille et causant des tas de catastrophes collatérales. Dans ce troisième épisode, on nous apprend que les robots extraterrestres auraient jadis laissé leurs traces sur la lune et que le voyage spatial d’Apollo 11 n’était pas qu’une simple visite en sol lunaire, mais bien une mission secrète organisée par le gouvernement, le FBI et la NASA.
Des années plus tard, ici et maintenant, les géants d’acier cosmique, bons et méchants, viennent tout casser sur Gaïa. Shia LaBeouf, héros malgré lui, sauvera Gaïa avec ses amis à moteur. En toute fin, la bannière étoilée flottera au vent, l’étranger ayant été réduit à néant, et le film avec.
Au programme, donc : plus de deux heures de pétarade artificielle en 3D, scénario torché le temps d’un café dans les corridors de la Paramount, acteurs secondaires formidables, fondus dans la mélasse numérique (John Malkovich, Frances McDormand, John Turturro), humour bon-enfant, gros orchestre interprétant trois accords. Le moins pire des trois, en effet. Un petit cran plus haut ou plus bas, Transformers : Dark of the Moon aurait peut-être évité la plate médiocrité. Chapeau bas toutefois aux artistes et aux techniciens à l’emploi de ce machin, les effets spéciaux sont, comme attendu, spectaculaires. Gare à vos rétines!
Transformers : Dark of the Moon
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Film fantastique de Michael Bay
Avec Shia LaBeouf, Frances McDormand, John Turturro
130 minutes