La Presse
Dans le coin gauche, Wiebo Ludwig, leader et révérend d’une communauté chrétienne repliée sur elle-même dans le nord de l’Alberta. Dans le coin droit, une industrie pétrolière et gazière qui, blindée par des lois lui étant favorables, fore le sous-sol à qui mieux mieux. La guerre des clans est déclarée.
Du réalisateur David York, le documentaire La guerre de Wiebo témoigne de la lutte d’un groupe face à une industrie gourmande et prête à tout pour tirer le moindre dollar du sous-sol albertain. Voilà donc un film – un autre – qui s’inscrit totalement dans la foulée des Trou Story et autres Survivre au progrès où l’on s’interroge sur les conséquences de l’exploitation à tout prix.
Thème connu ? Certes. Mais disons que l’approche est originale, ce qui fait toute la beauté du cinéma. Lorsque l’angle se renouvelle en dépit d’un sujet récurrent, on ne peut qu’écarquiller les yeux.
Ce qui sera le cas d’ailleurs ici tant la communauté est singulière et certaines images carrément choquantes. Comme celle, parmi le lot de vieux films fournis par la famille, de l’enterrement d’un enfant mort-né. Dans le clan Wiebo, on accuse les pétrolières et les gazières de polluer l’environnement et on ne lésine pas sur les moyens pour marquer son point.
Malgré cela, le réalisateur évite de sombrer dans la sensation gratuite ou le parti pris, et ce, même s’il ne donne pas le crachoir à l’entreprise. Son travail est bien assez aéré pour que le spectateur forge sa propre opinion.
Plus didactique que cinématographique, cette Guerre de Wiebo se distingue par son montage méthodique et une vulgarisation très maîtrisée de son sujet, une histoire qui s’étale sur plusieurs années.
LA GUERRE DE WIEBO
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Documentaire de David York. Avec Wiebo Ludwig et les membres de sa communauté. 1 h 33.