Le jeudi 8 décembre 2011
The Adventures of Tintin: The Secret of the Unicorn sous le signe du respect
La Presse
Tintin à Hollywood? On aurait pu craindre le pire. Bien qu’une certaine américanisation soit pratiquement inévitable dans une adaptation cinématographique en animation 3D de cette envergure, Steven Spielberg propose pourtant ici une vision très respectueuse de l’oeuvre d’Hergé.
Dès le moment où l’histoire commence, après le passage d’un générique animé très bien conçu, le nabab américain lance d’ailleurs un beau clin d’oeil au célèbre dessinateur belge. Le message est ainsi clairement destiné aux admirateurs de Tintin partout dans le monde: il n’y aura pas trahison.
Les trois scénaristes britanniques, Steven Moffat, Edgar Wright et Joe Cornish, ont été très fidèles à l’esprit des bandes dessinées légendaires, tout en faisant preuve d’astuce pour lier les différentes parties de leur récit. Des éléments du Crabe aux pinces d’or et du Trésor de Rackham le rouge ont en effet été intégrés de façon très cohérente dans l’histoire du Secret de la Licorne. L’arrivée inattendue d’un personnage mythique, absent des trois albums desquels le scénario est inspiré, s’inscrit aussi de façon logique dans ce contexte.
En fait, cette rencontre entre Steven Spielberg et l’univers d’Hergé relève pratiquement de l’évidence. La technique de la « capture de mouvements », qui consiste à transformer en images de synthèse les mouvements de véritables acteurs, est ici utilisée à bon escient. Le cinéaste a aussi fait preuve de mesure dans ses effets en 3D. Visuellement, le film impressionne.
Distillant une saveur délicieusement rétro, et résolument européenne, cette adaptation s’inscrit néanmoins dans la mouvance des superproductions du genre. D’où ce rythme parfois inutilement accéléré. Des scènes d’action un peu trop « hollywoodiennes » détonnent aussi un peu par moments, particulièrement dans le dernier acte.
Cela dit, Steven Spielberg remporte son pari haut la main. D’un côté, il réussit à combler les admirateurs de Tintin en leur offrant une vision qui, bien que différente des albums (forcément), reste néanmoins fidèle à la volonté des gardiens de la mémoire d’Hergé. De l’autre, il offre aux non-initiés (pratiquement tout le public d’Amérique du Nord) une porte d’entrée formidable en leur donnant accès à l’un des univers créatifs les plus riches du 20e siècle.
Les aventures de Tintin étant déjà inscrites dans notre code génétique, il vaut évidemment mieux voir le film dans une version doublée dans la langue d’Hergé.
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THE ADVENTURES OF TINTIN : THE SECRET OF THE UNICORN ***1/2
Film d’animation 3D réalisé par Steven Spielberg.
Avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig.
1h47.