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Philippe Renaud (collaboration spéciale) |
La Presse
L’acteur britannique Ralph Fiennes passe derrière la caméra pour la première fois en adaptant au cinéma le drame Coriolanus de Shakespeare.
Transposant ce récit de la Rome antique au contexte d’une guerre moderne, Fiennes conserve toutefois le verbe du texte original, avec pour résultat un film difficile à apprivoiser, mais d’une étonnante pertinence.
Les mots originaux du célèbre dramaturge anglais, dont Fiennes est l’un des ardents admirateurs, forment le premier obstacle à l’appréciation du film. Il faut un moment pour s’habituer au ton théâtral du récit, à la sonorité, aux tournures de phrases et expressions de l’anglais d’autrefois, qui paraissent anachroniques dans ce décor de guerre civile.
Le nouveau réalisateur s’offre aussi le premier rôle du film, celui du général Gaius Marcius Coriolanus, dont la vie est consacrée à diriger les armées de Rome lors du siège de la ville de Coriali. Il fait face à l’armée du chef Tullus Aufidius (Gerard Butler).
Le récit est proprement adapté, révélant la force et l’intemporalité des thèmes de l’honneur, du pouvoir et de la politique de l’œuvre originale.
Les images de guerre rapportées par une chaîne d’information continue justifient tôt dans le film l’utilisation d’une caméra à l’épaule, toujours à proximité des acteurs, paradoxalement un autre élément théâtral de cette production.
Tant Vanessa Redgrave que Gerard Butler et Jessica Chastain livrent leur texte avec un naturel qui nous fait oublier peu à peu le côté littéraire du film. Fiennes, lui, joue comme s’il était encore sur les planches.
Cela dit, cette audacieuse première réalisation de Fiennes est d’une bonne tenue.
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Coriolanus ***
Drame de Ralph Fiennes, Avec Ralph Fiennes, Gerard Butler, Vanessa Redgrave, Jessica Chastain. 2 h 02.