La Presse
Cela commence comme un conte de fées. Laura, jeune et jolie Mexicaine, rêve de devenir reine de beauté. Avec sa meilleure amie, elle s’inscrit au concours Miss Baja (Miss Basse-Californie) en souriant de toute son insouciance. Le soleil brille, ses dents aussi.
Et puis tout bascule. Parce qu’elle se trouve un soir au mauvais endroit au mauvais moment, Laura est happée par un tout autre monde : celui des cartels de la drogue. En moins de temps qu’il n’en faut pour en « sniffer » une, elle se retrouve à la merci du pire gang de desperados de la région de Tijuana. S’ensuit une terrible descente aux enfers, qui la laissera plus morte que vive.
Pas de doute : le Mexicain Gerardo Naranjo frappe fort avec ce thriller violent, qui a déjà été retenu à Cannes et aux Oscars.
D’aucuns le classeraient d’ailleurs volontiers au rayon des films d’action, vu ses nombreuses scènes de fusillade. Mais ce serait juger trop vite ce film qui va bien au-delà du spectaculaire. Primo parce que l’histoire est tirée d’un fait vécu. Et deuzio parce que son sujet est d’une actualité brûlante. La guerre de la drogue au Mexique ? On sait qu’elle a fait 40 000 morts. Mais encore ? Sous ses dehors sexy (Stephanie Sigman est belle à ravir en petite culotte), Miss Bala nous plonge au cœur de cet engrenage infernal, qui aspire présentement le Mexique par le bas.
Nouvelle venue à l’écran, Sigman est impeccable dans son rôle de Miss soumise et terrifiée. Idem pour Noe Hernandez, ultra crédible dans celui du tortionnaire sans foi ni loi. Enfin, bon point pour la réalisation, brutale et rythmée, qui laisse le spectateur aussi désorienté que le personnage principal.
Produit par Canana, boîte fondée par Diego Luna et Gael Garcia Bernal (Y Tu Mamá También), Miss Bala est un parfait exemple du nouveau cinéma mexicain, plus jeune et plus rock, qui est en train de brasser l’Amérique latine.
Miss Bala. Drame de Gerardo Naranjo. Avec Stephanie Sigman, Noe Hernandez et James Russo. 1 h 53.