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Philippe Renaud (collaboration spéciale) |
La Presse
On le sait, Madonna entretient une relation difficile avec le cinéma, autant comme actrice (Shanghai Surprise, Who's That Girl et Evita) que comme réalisatrice (Filth and Wisdom). Son deuxième long métrage derrière la caméra, W.E., ne l'aidera malheureusement pas à gagner l'estime des cinéphiles.
Le récit était pourtant prometteur, surtout après le succès critique et commercial qu'a connu The King's Speech l'an dernier. Même époque, personnages récurrents: W.E. tient d'abord pour Wallis Simpson (jouée avec style par Andrea Riseborough, de loin la meilleure interprète de la distribution) et le roi Edward VIII (James D'Arcy), lesquels ont offert au XXe siècle l'une des romances les plus frappantes, le monarque britannique ayant abdiqué son trône pour vivre une passion avec l'Américaine deux fois divorcée.
Non satisfaite de raconter sa vision de cette histoire d'amour en prenant le point de vue de l'Américaine qui a dû elle aussi faire des sacrifices, Madonna a rattaché le récit historique à la vie d'une Wally, jeune New-Yorkaise malheureuse en couple interprétée placidement par l'actrice australienne Abbie Cornish (Limitless).
Ellipses maladroites
Madonna, également coscénariste du film, saute ainsi d'une époque à l'autre au gré des visites de Wally chez Sotheby's, où se tient une vente aux enchères de possessions de Wallis et Edward. Et la réalisatrice le fait en usant de procédés éculés. Les objets comme prétexte aux ellipses, c'est mignon la première fois, mais, au bout d'une heure, ça devient lassant.
Qui plus est, autant la relecture de la romance royale manque d'intérêt, autant l'histoire d'amour moderne manque de tonus.
Même la musique tape sur les nerfs. Et que voulait donc illustrer la Madone en balançant Pretty Vacant des Sex Pistols pendant une soirée bien arrosée du roi et de son amoureuse américaine dans leur suite bourgeoise?
W.E. Drame de Madonna. Avec Abbie Cornish, James D'Arcy, Oscar Isaac, Andrea Riseborough.1h59.