La Presse
Inspiré par le jeu vidéo du même nom, Hitman (Tueurs à gages en version française) souffre des problèmes habituels qui affligent la plupart des films d'action produits par EuropaCorp, le studio que dirige Luc Besson.
Scénario incohérent, exécution plutôt sommaire, interprétation bancale. De par sa nature même, Hitman est une production de série B qui, logiquement, aurait dû garnir directement les tablettes des vidéoclubs plutôt que de se retrouver dans les salles.
Sur le plan de l'action, on tente clairement de jouer ici dans les platebandes de Jason Bourne en orchestrant une histoire dont l'intrigue a des ramifications internationales. Mais le héros créé par Robert Ludlum peut dormir tranquille. La concurrence n'est vraiment pas de taille.
Le récit de Hitman se concentre sur la mission d'un tueur à gages «programmé» pour assassiner froidement ses victimes. Comme tous les agents anonymes du même type que recrute l'agence pour laquelle travaille ce tueur, tellement secrète que «personne ne sait même qu'elle existe», l'agent 47 (Timothy Olyphant) est chauve, histoire d'arborer fièrement le code barres tatoué sur sa nuque.
Envoyé en Russie, ce dernier se retrouve vite mêlé à une affaire de complot le jour où il découvre que la mission qu'on lui a confiée est beaucoup plus complexe que prévu. Sa tentative d'assassinat d'un politicien lui vaut en effet - quelle surprise - l'attention des services de renseignements russes, tout autant que celle de l'Interpol et de la CIA. Tout ce beau monde se retrouve ainsi aux trousses de l'agent 47, lequel se défend bien sûr avec une quincaillerie impressionnante. Qu'il utilise avec une maîtrise qui ne peut qu'être arrangée avec le gars des vues...
Va pour le ton décalé; va pour l'aspect bande dessinée. Dans ce genre de film, la crédibilité de l'histoire n'est évidemment pas un critère, encore moins un but à atteindre. Seule compte l'efficacité des scènes d'action et les frissons qu'elles engendrent. Or, on ne trouve ici rien de transcendant à cet égard. Certaines de ces scènes sont même chorégraphiées de façon un peu bizarre, et montées de telle sorte qu'elles en perdent leur fluidité.
Olyphant (le «méchant» de Live Free or Die Hard), qui a une présence physique intéressante à l'écran, joue par ailleurs tellement mal qu'on ne peut faire autrement de penser qu'il a eu des directive précises en ce sens. Voulait-on ainsi faire écho au côté inhumain de son personnage de machine à tuer? Allez savoir.
On ne peut non plus passer sous silence le sexisme honteux d'un récit dans lequel le personnage féminin, une prostituée que 47 kidnappe (interprétée par Olga Kurylenko, une actrice toute bessonienne), est traité d'une façon pour le moins choquante.
Le réalisateur français Xavier Gens, qui porte ici à l'écran un scénario écrit par Skip Woods (Swordfish), tente bien d'insuffler un peu de substance à l'ensemble mais Hitman expose de façon très éloquente les limites de la transposition des jeux vidéos au cinéma.
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HITMAN. Thriller réalisé par Xavier Gens. Avec Timothy Olyphant, Dougray Scott, Olga Kurylenko, Robert Knepper. 1 h 40.
Un tueur à gages est coincé dans un complot à caractère politique.
Autant de substance que dans un jeu vidéo.