Le Soleil
Un orphelin toujours souriant, mignon comme un cœur, qui entend de la musique partout. Des parents musiciens, jeunes et beaux, que la vie a séparés avant sa naissance. Une suite de hasards incroyables qui permettront les retrouvailles simultanées, des années plus tard, des deux amoureux et de leur rejeton. De la guimauve, il y en a un sac et un autre dans August Rush.
Le premier long métrage de Kirsten Sheridan n’est cependant pas dépourvu de qualités. On parle d’une production à la photographie léchée, avec une histoire rythmée et des comédiens qui jouent avec un certain talent la carte de la pitié, sauf que ce débordement sentimental prend le dessus sur tout. Un peu plus de subtilité dans l’émotion aurait été de mise.
Le jeune Freddie Highmore, le nouvel enfant star de Hollywood (Charlie et la chocolaterie), campe le rôle éponyme, August Rush, de son vrai nom Evan Taylor, un orphelin qui possède un talent inné pour la musique.
Le gamin a été envoyé dans un orphelinat, tout de suite après sa naissance, par son grand-père qui ne voulait pas que l’enfant compromette la carrière de violoncelliste de sa fille Lyla (Keri Russell). La mère n’en a jamais rien su, croyant l’enfant mort, pas plus que son amoureux d’un soir (Jonathan Rhys Meyers), un chanteur de rock irlandais retourné dans son pays, après avoir perdu la trace de sa douce.
Ce n’est que 11 ans plus tard que Lyla apprendra la vérité, de son père mourant. Dès lors, elle n’aura de cesse de retrouver son petit Evan, devenu August Rush, après sa fuite de l’orphelinat et sa rencontre avec un musicien de rue fourbe (Robin Williams).
Le reste de l’histoire tient de la recherche intensive tous azimuts. La mère n’est pas la seule à chercher. Le vil musicien cherche à s’enrichir sur le dos de l’orphelin. August cherche son père et sa mère. Le père cherche la mère, sans savoir toutefois que son fils le cherche. Autrement dit, chacun cherche son chat...
La persévérance d’August, grâce à un gros coup de pouce du destin, sera finalement récompensée, à la faveur d’un concert en plein air, à Central Park. À titre de chef d’orchestre, il sera aux première loges pour assister — préparez vos mouchoirs — aux retrouvailles des deux êtres qu’il n’a jamais cessé d’espérer. Désolé de vendre le punch, mais c’était écrit dans le ciel depuis le début...
Kirsten Sheridan, fille du célèbre réalisateur irlandais Jim Sheridan, avait connu la consécration en 2002 pour sa nomination à l’Oscar du meilleur scénario (pour l’excellent In America). Cette fois, on sent qu’elle a voulu reprendre la même recette de gâteau, mais en y ajoutant deux fois plus de sucre et de crémage. Elle multiplie les détours tordus pour bâtir le crescendo menant à la réunion de la petite famille.
Quelques passages de ce conte de fées moderne laissent songeur ou carrément dubitatif — les enfants squattant un théâtre désaffecté, par exemple, ou le retour inopiné du méchant gérant dans la vie d’August, la veille du concert. On s’étonne aussi qu’un orphelin plus-que-parfait comme August n’ait jamais été adopté, tout comme de constater qu’en 11 ans, les deux parents n’ont pas pris une seule ride.
Au fond, August Rush cherche seulement à démontrer que l’amour triomphe de tout et que la vie n’est rien sans espoir. Personne ne peut être contre ces leçons de vertu, sauf peut-être quelques critiques de cinéma...