Le vendredi 1 février 2008
Voici les Spartiates : navet hivernal
Le Soleil
La recette est simple. Prenez une poignée d’acteurs quasi inconnus qui travaillent au salaire minimum, faites-leur dire et faire à peu près n’importe quoi au sujet de films populaires et de vedettes de journaux à potins, filmez-le dans un décor de carton pâte, avec des effets spéciaux et des maquillages bâclés, et vous obtenez Voici les Spartiates (v.f. de Meet the Spartans).
On n’abandonne pas une idée gagnante, aussi douteuse soit-elle. Les réalisateurs et scénaristes Jason Friedberg et Aaron Seltzer, le duo derrière les payants Epic Movie, Date Movie et autres Scary Movie, l’ont compris en tournant cette autre parodie de bas étage qui, cette fois, fait son fonds de commerce de la production à succès 300.
L’affrontement entre les Spartiates et leurs adversaires perses est prétexte à une série de gags débiles et ridicules. L’homosexualité latente des guerriers, avec leurs abdominaux et pectoraux d’acier, est servie à toutes les sauces. Ainsi, c’est sur la musique de I Will Survive, main dans la main, en gambadant, que ces valeureux guerriers partent au combat...
Cette pochade s’adresse d’abord et avant tout à un public adolescent peu exigeant, qui carbure à la culture populaire américaine, celle du cinéma, de la télé, de la musique, des tabloïds, des jeux vidéo et de la publicité. Les autres risquent de perdre leur latin (et un peu de leur serbo-croate) devant cette succession de saynètes de mauvais goût.
Non seulement faut-il connaître un tant soit peu Shrek 3, Happy Feet, Spider-Man 3, Casino Royale, Transformers, Ghost Rider, Rocky 6, Borat, mais aussi les émissions Deal or No Deal et American Idol. Les Britney Spears, Paris Hilton et Lindsay Lohan passent également au tordeur de l’imbécillité, au grand plaisir du jeune public qui s’intéresse à ces simili vedettes (et à leurs frasques à répétition).
Malgré ce qu’on peut en penser, les fans de ce genre de comédies sont nombreux. À preuve, Voici les Spartiates s’est classé en première place du box-office nord-américain la fin de semaine dernière, avec des recettes de 18,7 millions $. C’est ce qu’on appelle un navet payant.