Le samedi 9 février 2008
L'oeil : on aura tout vu...
Le Soleil
Le cinéma d’horreur américain a trouvé un nouveau filon dans les remakes de films asiatiques. Après le succès du Cercle (The Ring) et de Rage meurtrière (The Grudge), les producteurs n’allaient pas s’arrêter en si bon chemin. L’œil (v.f. de The Eye) s’inscrit dans cette volonté d’aller grappiller sous d’autres cieux des idées visant à procurer des frissons à un public pas trop exigeant.
La théorie de la mémoire cellulaire est au cœur de cette production au scénario tiré par les cheveux. Une théorie voulant que les cellules d’un organe greffé conservent la mémoire de son donneur une fois transplanté chez une autre personne.
La jeune violoniste (Jessica Alba, vue dans Les 4 Fantastiques et le surfer d’argent) qui recouvre la vue après une greffe de cornée est convaincue que les hallucinations d’outre-tombe dont elle est victime sont le résultat de ce transfert mnémonique. Mais encore faut-il en convaincre son «spécialiste en réhabilitation oculaire» et petit copain en devenir (Alessandro Nivola).
Il faut dire que la vie de la jeune musicienne n’a rien de drôle. Elle ne sait jamais quand elle va tomber sur un spectre dans un couloir, un gamin suicidaire ou un homme pendu dans un ascenseur. Si voir, c’est croire, la pauvre préférerait ne pas avoir ni la vue ni la foi.
Sa volonté de découvrir l’identité de la jeune fille traumatisée qu’elle voit dans son miroir, celle qui lui a fait don de ses yeux, la conduira contre toute attente au Mexique. C’est là, dans une confusion accablante, que le scénario perdra définitivement les pédales.
Deux cinéastes français, David Moreau et Xavier Palud (Ils), se cachent derrière ce petit film d’épouvante qui n’offre rien de ce qu’on a vu dans le genre. Tout est prévisible et télégraphié. Le petit manuel de l’art de faire peur est respecté du début à la fin, sans le début de l’ombre d’un demi-atome de volonté d’en écrire un chapitre un tant soit peu original.