Le Soleil
On pourra reprocher bien des choses à Dansez dans les rues (v.f. de Step Up 2 the Streets), mais certainement pas l’apathie de ses jeunes acteurs-danseurs. Une belle jeunesse, comme dirait le vieux qui se berce sur la galerie. Des talents athlétiques qui s’avèrent, en fait, le seul intérêt du film de Jon Chu.
Oubliez le dirty dancing de Patrick Swayze et le disco mononcle de John Travolta, c’est la danse de rue (ou street dance) qui est à l’honneur dans cette production pour adolescents. Contorsions, rotations sur la tête, mouvements saccadés, les articulations sont mises à rude épreuve au nom de l’art et de l’épate.
Le scénario gravite autour de la jeune Andie (Brianna Evigan), une rebelle chic et choc de Baltimore qui s’amuse avec ses amis à faire du street dance dans les endroits les plus inattendus (un wagon de métro, par exemple), pour diffuser ensuite les images sur Internet. La meilleure amie de sa mère, qui l’a recueillie après son décès, ne voit pas ces activités d’un bon œil. Andie devra retourner à l’école ou faire ses bagages.
De guerre lasse, la jeune fille choisira l’école, en l’occurrence la Maryland School of the Arts (MSA), un établissement conservateur où l’on regarde comme des parias les adeptes du hip-hop et du street dance. Andie ne tardera pas à se faire un allié de Chase (Robert Hoffman), un autre rebelle dans l’âme qui rêve lui aussi de dépoussiérer le style vieillot de cette école sélecte.
Les deux élèves, qui ne se laissent pas indifférents sur le plan sentimental, sonneront le rappel des élèves les plus marginaux de la MSA afin de monter une troupe pour affronter les meilleurs danseurs de rue du quartier, au grand dam de la direction. Une façon pour Andie de retrouver par le fait même l’estime de ses anciens camarades.
Dansez dans les rues est un produit de divertissement dans l’air du temps. Les jeunes comédiens ont tous l’air plus cool les uns que les autres, l’important de nos jours étant de l’être à tout prix, c’est bien connu. On peut d’ailleurs se demander comment des jeunes de quartiers populaires peuvent se payer autant de vêtements griffés et autres breloques de luxe. La tyrannie des marques dans toute sa splendeur.
Les acteurs et comédiens ont peu à défendre dans cette production tout ce qu’il y a de plus prévisible. On leur demande de bien bouger, de bouger vite, de bouger de façon énergique, ce qu’ils font sans se lasser, surtout en épilogue, à l’occasion d’une chorégraphie qui revisite Singin’ in the Rain. Mais oubliez Gene Kelly et son parapluie...
En bout de ligne, si on tape du pied pendant le film, c’est aussi d’impatience...