|
Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Qui n'a pas connu de ces gens qui ne tiennent pas en place, qui voyagent tout le temps; de ces espèces de nomades pour qui la planète entière est un pied-à-terre? Le documentaire canadien Travelling Light - Artists on the Move de Tamas Wormser présente quelques fascinants phénomènes, tous artistes, qui vont et viennent d'un continent à l'autre, en recherche de nouveau et d'inouï, en quête de Soi et de l'Autre; des artistes au long cours et, même jeunes, au long parcours.
Tamas et sa petite équipe ont accompagné cinq de ces nomades dans leurs périples sur tous les continents, ou presque. La Québécoise Nathalie Daoust, photographe. La Suissesse et Bulgare Christina Hagmann, qui fabrique d'étranges costumes et de non moins insolites «embarcations». Laszlo Kuli, de Hongrie, mystérieux ermite qui habite une tente dans les forêts froides du Québec. Lundo, sa copine et leurs enfants, qui célèbrent la musique dans les pays chauds. Jimmy Fachetty, Amérindien à l'enfance difficile, artiste pluridisciplinaire. On passe de Montréal à Tokyo, du Brésil à l'Espagne et un peu partout ailleurs.
Le documentaire, avec de modestes moyens, nous donne, par les confidences de ces rêveurs pourtant très terriens et par les images puisées aux quatre coins du monde, l'envie de s'en aller (pas de la salle!). Voir ailleurs, voir d'autres visages, d'autres lieux, voir même ailleurs en soi. Avec ses personnages ésotériques et, probablement, gauchistes et écologistes, Travelling Light distille un petit parfum de patchouli et de vieux sac en cuir; un parfum charmant et enivrant, pour autant qu'on ne soit pas devenu complètement cynique ou ravalé par le système. Voici des rebelles doux, de purs pacifistes, des romantiques au sens noble, parfois maladroits au micro mais sincères, un peu fous mais attachants dans leur désir de fuite continuelle et de recommencement perpétuel. Voici de vrais artistes, connus ou pas, et voici de vrais globe-trotters.
***
TRAVELLING LIGHT - ARTISTS ON THE MOVE
Documentaire de Tamas Wormser.
1 h 17.