Le Soleil
Le cul a ses raisons que la raison ne connaît pas. C’est à ces quelques mots que peut se résumer Jeunes adultes qui baisent (v.f. de Young People Fucking), une comédie venue du Canada anglais, au contenu moins offensant que le titre le laisse croire. Les conservateurs et leur projet de loi C-10 peuvent dormir tranquilles…
De sexe, de baise et de cul, il est question d’un bout à l’autre de petit film sans prétention autre que d’aborder à visière levée, sans puritanisme ni pudibonderie, ce qui se passe dans les chambres à coucher de la génération des twentysomething. Si le film de Martin Gero s’avère audacieux et politiquement incorrect, au regard de ce qu’on a l’habitude de voir dans le prude ROC (Rest of Canada), il se dégonfle assez rapidement, faute d’un scénario suffisamment étoffé. Rien qui permette en tout cas de s’exciter le poil des jambes. Quelques seins, une ou deux paires de fesses, des filles qui gardent leur soutien-gorge pour faire l’amour, on a déjà vu pire (ou mieux) à Bleu nuit…
Jeunes adultes qui baisent s’intéresse aux parcours parallèles de cinq couples à la recherche d’eux-mêmes et… d’une bonne baise. Cinq couples qui représentent autant d’archétypes de la jeunesse contemporaine, réunis eux-mêmes autour de sous-chapitres sur les différentes étapes de l’acte sexuel.
Présentation en vrac des protagonistes.
Le couple en ménage (Kristin Booth et Josh Dean), enlisé dans la routine, et qui cherche à doper sa vie sexuelle grâce à un sex toy dont l’homme fera les frais.
Les amis de longue date (Carly Pope et Aaron Abrams) qui, faute d’un partenaire régulier, décident de mettre de côté leur trop grande connaissance mutuelle, pour savourer les joies de la chair.
Les ex (Sonja Bennett et Josh Cooke), réunis après une soirée en toute amitié, ne sont pas longs à comprendre qu’il suffit de souffler sur les braises pour ranimer la flamme au lit.
Le nouveau couple, le soir de la première rencontre (Callum Blue et Diora Baird), qui aura fort à faire pour trouver un terrain d’entente au plan sexuel.
Le couple de colocs (Ennis Esmer et Peter Oldring), dont le plus déluré convaincra son pote de s’envoyer en l’air avec sa (très chaude) petite amie (Natalie Lisinka), pendant qu’il joue les voyeurs.
Chair bien triste
Malgré toute la publicité qui entoure sa sortie — qu’on ne se leurre pas, le titre n’a pas été choisi au hasard… — Jeunes adultes qui baisent démontre que la chair peut être triste au grand écran, en l’absence de viande autour de l’os. À l’image du film à sketches, les différents épisodes sont inégaux. Si l’historiette du petit couple en panne de désir et des amis en manque s’avère cocasse par moments, à l’inverse, celle des colocs donne plutôt à s’ennuyer. Les autres épisodes naviguent entre ces deux eaux.
Malgré son audace, son brin d’originalité et sa mise à mal des stéréotypes sur la libido latente des femmes, Jeunes adultes qui baisent n’offre rien de bien différent de ce qui se dit depuis des lunes dans tous les Sexe et confidences de ce monde. À savoir que la sexualité est une chose bien mystérieuse, porteuse de nos désirs, de nos craintes, de notre insécurité. Et qu’il s’agit aussi de la plus belle chose qui soit lorsqu’elle vient avec l’amour.