Le jeudi 16 octobre 2008
Sex Drive : hourra pour la «pitoune»...
La Presse
On se méfie toujours un peu quand on entend des artisans se réclamer d’une école. Dans le cas de Sex Drive (Plein gaz en version française), le cinéaste Sean Anders évoque le cinéma de John Hughes (Sixteen Candles, The Breakfast Club) pour décrire son intention d’offrir une comédie à l’intérieur de laquelle réside quand même un vrai propos sur l’adolescence. La réalité est tout autre.
Comme son titre l’indique, Sex Drive est un film qui mise avant tout sur des gags faciles, puisés le plus souvent à même le répertoire de farces assez grossières pour offenser à peu près tout le monde. Une «pitoune» vue sur l’internet; un puceau qui veut se débarrasser de sa virginité; un frère aîné imbécile et violent, dont les propos homophobes sont beaucoup trop prononcés pour ne pas être suspects; une meilleure amie dont on voudrait que le sentiment amical passe à une étape supérieure; une vieille Pontiac GTO appartenant au frangin imbécile, qu’on emprunte pour parcourir les 500 milles qui nous séparent du rendez-vous avec la «pitoune» du début, qu’on a trouvée en pitonnant. Entre les deux, trois jours de cavale, un détour du côté d’une communauté amish, et de bien vaines péripéties qui peinent à nous arracher un sourire.
C’est fait sans imagination, c’est à peu près aussi sexy qu’un bout de madrier, et aussi inspirant qu’un épisode des Voisines d’à côté. On s’ennuie de John Hughes.