La Presse
Dans le banal décor d’une banlieue anonyme de Québec, Henry Bernadet et Myriam Verreault mettent en scène l’histoire la plus quotidienne au monde: la vie, pendant une journée, d’un groupe d’adolescents.
L’adolescence et ses excès inspirent souvent de grands drames en littérature comme au cinéma (que l’on pense à Paranoid Park de Gus Van Sant, au Kids de Larry Clark, sans oublier le vaporeux Virgin Suicides de Sofia Coppola ou, plus près de nous, à Tout est parfait d’Yves Christian Fournier).
De grands drames il n’est pourtant pas question dans À l’ouest de Pluton, qui brouille joyeusement les pistes entre documentaire, essai et fiction. Les adolescents y vaquent à leurs occupations quotidiennes –engueulades familiales, exposés en classe, prises de bec politiques, amours timides et foireuses – ainsi que les incontournables premières fois qui jalonnent leurs vies.
Henry Bernadet et Myriam Verreault suivent leurs protagonistes de très près. Le montage accentue certains moments d’humour. Quand les adolescents n’occupent pas l’écran, Henry Bernadet et Myriam Verreault s’intéressent à la banlieue, déserte, absurde, le centre de leur univers.
Tourné sur de longs mois, avec quelques milliers de dollars, À l’ouest de Pluton n’en est pas moins un film ambitieux dans son propos (montrer le quotidien dans ce qu’il a de plus banal et d’intrinsèquement humain) et dans sa facture visuelle (alterner le réalisme documentaire avec des séquences oniriques et esthétiques).
Les jeunes acteurs font, avec À l’ouest de Pluton, leurs premiers pas devant la caméra. Le film capte assez bien les états émotifs des adolescents. Quant aux dialogues, on sent ici que les répliques de Bernadet et Verreault ont reçu l’aval des adolescents, qui ponctuent leurs phrases à volonté de «man».
Se dégage d’À l’ouest de Pluton une sincérité, une authenticité qui donne envie d’embrasser la démarche des réalisateurs, même si le film comporte bien quelques défauts –certaines longueurs, notamment. Il faut pourtant bien reconnaître que la truculence des échanges adolescents séduit énormément.
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***1/2
À l’ouest de Pluton
Drame de Henry Bernadet et Myriam Verreault. Avec David Bouchard, Anne-Sophie Tremblay-Lamontagne, Alexis Drolet, Yoann Linteau, Thomas Gionet-Lavigne, Denis Marchand et Sandra Jacques. 1h35.
Dans une banlieue de Québec, 24 heures dans la vie quotidienne d’un groupe d’ados.
Réalisme et onirisme se mêlent joliment dans cette touchante observation de moeurs.