Plus qu'une autre preuve (s'il en fallait encore) que le temps passe et ne revient plus, La mémoire des anges est une fabuleuse plongée sociologique dans le quotidien du Montréal d'hier. Archéologue des archives de l'ONF, Luc Bourdon a sélectionné des extraits de films méconnus pour construire une fresque envoûtante, à la valeur sociologique et historique indéniable.
S'introduire dans La mémoire des anges, c'est s'offrir un grand bol de nostalgie pour mieux mesurer l'évolution de la société québécoise. C'est assister à la première journée d'école des marmots (sur fond de discours du directeur d'école), voir Henri Richard filer vers le but des Red Wings, sous les commentaires enflammés d'un René Lecavalier, visiter les vitrines de Noël de la rue Sainte-Catherine, les pieds dans la gadoue.
Ici et là des badauds, mais aussi des figures connues, comme Dominique Michel chantant Les trottoirs, de Raymond Lévesque,
Tex Lecor grattant la guitare sur l'air du Patriote, aux belles heures du mouvement indépendantiste, et Paul Anka faisant fondre les jeunes filles en larmes en fredonnant Put Your Head on My Shoulder.
Et comment ne pas sourire aux propos du maire Jean Drapeau sur les «problèmes» de circulation de sa ville, qui était alors bien loin de crouler sous les embouteillages chroniques d'aujourd'hui.
Le film a un seul défaut : il ne dure pas assez longtemps. On en aurait pris encore et encore.
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La mémoire des anges. Genre : documentaire. Réalisateur : Luc Bourdon. Classement : général. Durée : 1 h 20.
On aime : découvrir des images inédites de Montréal, le travail colossal de montage, s'offrir un fabuleux voyage dans le temps
On n'aime pas : que ça se termine